François Ruffin s'est exprimé aujourd’hui sur la taxe Zucman. Le député de gauche s’est dit favorable à la mise en place de sanctions contre ceux qui ne voudraient pas la payer.
Même pas appliquée, qu'elle continue de faire réagir les hommes politiques. Cette fois c’est François Ruffin, l’ex-député LFI, qui s’est dit favorable à des sanctions contre les grandes fortunes qui ne payeraient pas la taxe Zucman.
«Pourquoi ne pas envisager une privation des droits civiques ? Le gel de leurs avoirs ? (…) Ils font le choix de faire sécession d'avec la communauté, comme l'avaient fait les aristocrates pendant la Révolution française», a déclaré l'élu de gauche de la Somme, alors qu'une taxation accrue des plus riches est une des conditions posées par les socialistes pour ne pas censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu.
«Aujourd'hui, on vit dans un pays où les milliardaires paient deux fois moins d'impôts en proportion que leur secrétaire et que les infirmières. Est-ce que c'est normal ?», a poursuivi l'ex-leader de LFI.
Le député était interrogé en réaction à des propos de l'économiste de gauche Thomas Piketty qui, dans un entretien à Bloomberg, avait jugé que «si vous ne payez pas la taxe Zucman, vous vous mettez dans la même position que quiconque décide de ne pas payer d'impôt : vos actifs peuvent être gelés, vous pouvez être arrêtés à l'aéroport».
Cette déclaration a fait bondir la droite. «Arrêter les personnes à l'aéroport, c'est l'URSS. On n'est plus dans une démocratie, on est dans un pays d'extrême gauche, c'est le Venezuela», a réagi sur TF1 le chef des députés UDR, Éric Ciotti, allié du Rassemblement national.
Un exil fiscal jugé marginal
Favorable à la taxe Zucman (un impôt plancher visant à s'assurer que les foyers fiscaux disposant de plus de 100 millions d'euros de patrimoine contribuent chaque année à hauteur d'au moins 2 % de leur fortune), François Ruffin a jugé «extrêmement marginal» le risque d'exil fiscal des grandes fortunes en se référant à une étude publiée cet été par le Conseil d'analyse économique.
Cette enquête avait étudié l'effet, sur les ménages appartenant au top 1 % des revenus du capital (environ 385 000 ménages), de deux «chocs fiscaux» inverses : la suppression du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) en 2013, puis en 2017 celle de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Les réformes de 2013 ont entraîné une augmentation des départs nets de 0,04 à 0,09 point de pourcentage, soit au pire quelque 350 ménages. L'allègement fiscal de 2017 a fait baisser les départs nets de 0,01 à 0,07 point.