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De la dissolution du 9 juin 2024 à la démission surprise de Sébastien Lecornu : retour sur 16 mois de chaos politique en France

Sébastien Lecornu sera resté Premier ministre pendant 27 jours

27 jours, c’est le temps que Sébastien Lecornu aura passé à Matignon. Un passage éclair qui trouve son origine dans la crise politique sans précédent que traverse la France depuis la dissolution surprise du 9 juin 2024. Voici les temps forts de cette période d’instabilité qui, 16 mois plus tard, n’a toujours pas trouvé d'épilogue. 

Une dissolution surprise 

Le 9 juin 2024, dans la foulée de la proclamation des élections européennes qui voient le RN sortir vainqueur devant le parti présidentiel, Emmanuel Macron prend la parole. Contre toute attente, le président Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée nationale et convoque de nouvelles élections législatives.

«Cette décision est grave, lourde, mais c'est avant tout un acte de confiance. Confiance en vous, mes chers compatriotes, en la capacité du peuple français à faire le choix le plus juste pour lui-même et pour les générations futures ; confiance en notre démocratie», déclare-t-il. Seules trois semaines séparent l'annonce de la dissolution du premier tour des législatives, le 30 juin 2024. Le deuxième tour se tient le 7 juillet. 

Les élections législatives anticipées 

Les législatives anticipées ont donné lieu à des tractations politiques. La gauche décide de s’unir au sein du NFP (Nouveau Front Populaire). À droite, Éric Ciotti, président des LR, décide de faire alliance avec le RN mais est désavoué par une majorité de son parti. Le parti Renaissance, lui, coalise autour de lui ses principaux soutiens au centre. 

Au soir du deuxième tour, Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen devient le parti le plus représenté dans l'Hémicycle avec 123 députés. Aucune des forces politiques n’obtient la majorité absolue pour pouvoir former seule un gouvernement. La recherche d’un Premier ministre capable de faire consensus va se transformer en casse-tête pour Emmanuel Macron. 

Nomination de Michel Barnier 

Le 5 septembre 2024, soit deux mois après les élections législatives, Emmanuel Macron choisit Michel Barnier pour remplacer Gabriel Attal au poste de Premier ministre. L’ancien ministre de Jacques Chirac, militant LR, est choisi par le président avec pour objectif de faire voter un budget. Il forme un gouvernement marqué à droite avec Bruno Retailleau comme ministre de l'intérieur.

Une motion de censure contre Michel Barnier

Le 2 décembre 2024, Michel Barnier engage sa responsabilité pour faire adopter sans vote le budget de la Sécurité sociale avec l’article 49.3 de la Constitution. Cette décision entraîne le dépôt d’une motion de censure par la gauche et le Rassemblement national. Deux jours plus tard, la sanction tombe : 331 députés votent la censure du gouvernement. Michel Barnier aura passé 99 jours à Matignon, un record pour la Ve République à cette période. 

François Bayrou à Matignon

Le 13 décembre 2024, François Bayrou remplace Michel Barnier. Soutien d’Emmanuel Macron depuis 2017, il fait partie du bloc central qui soutient l’action du président à l’Assemblée nationale. Il devra avoir recours en février 2025 à l'article 49.3 pour faire adopter sans vote le budget pour l'année en cours. Point d’orgue de son passage à Matignon : la présentation d’un plan d’austérité qui entraînera sa chute. L’opposition, qui conteste ce plan, appelle à la censure du gouvernement. 

Le vote de confiance 

Pour tenter de sauver son gouvernement, François Bayrou convoque le 25 août 2024 les parlementaires en session extraordinaire pour un vote de confiance. Une annonce surprise qui ne permettra pas au Premier ministre de conserver son poste. Le 8 septembre 2024, 364 députés n’accordent pas leur confiance au leader du MoDem. 

C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République que l’Assemblée nationale refuse sa confiance à un gouvernement. Suite à ce désaveu, François Bayrou remet sa démission au président. Son passage à Matignon aura duré 8 mois. 

Sébastien Lecornu nouveau premier ministre 

La valse des Premiers ministres continue. La chute de Bayrou à peine consommée, Emmanuel Macron nomme un de ses fidèles rue de Varenne : Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, se voit confier la mission de réussir là où ses prédécesseurs ont échoué. Le nouveau locataire va prendre plusieurs jours pour composer son gouvernement, une période pendant laquelle sa parole se fera rare, enchaînant les rencontres avec les acteurs politiques. Le 3 octobre 2025, il prend l’engagement de renoncer à utiliser l’article 49.3 et le 5 octobre nomme un nouveau gouvernement qui garde l’ossature du précédent. 

La chute de Sébastien Lecornu 

Il s’est passé moins de 24 heures entre l’annonce du premier gouvernement Lecornu et l’annonce de sa démission. Une première dans l’histoire de la Ve République qui fait de Sébastien Lecornu le Premier ministre le plus éphémère de l’histoire. Sous le feu des critiques et fragilisé de l'intérieur par la fronde des Républicains de Bruno Retailleau, le Premier ministre a fait le choix de démissionner. «Les conditions n'étaient plus remplies», justifiera l’ex-Premier ministre. Cet énième épisode de la crise politique ouvre une nouvelle fenêtre d’incertitude pour la France.  

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