Ce lundi 6 octobre se déroule la Journée nationale des aidants, une situation difficile, peu connue et reconnue, qui concerne pourtant une dizaine de millions de Français. Mais qu’est-ce qu’être une personne aidante et quelles difficultés ces personnes rencontrent-elles ?
Ils sont essentiels à la solidarité nationale. Ce lundi 6 octobre, les personnes aidantes sont mises à l’honneur pour la 16ᵉ édition de la Journée nationale des aidants. Une campagne de sensibilisation essentielle pour une réalité plus que délicate, vécue par des millions de Français.
Qu’est-ce qu’un aidant ? Selon le code de l’action sociale et des familles, un proche aidant est un aidant familial ou une personne de l’entourage proche, comme un voisin ou un ami. L’Observatoire Ocirp précise qu’un aidant exerce souvent, en parallèle de son rôle d’aide, une activité salariée.
L’article L113-1-3 détaille : «Est considéré comme proche aidant le conjoint, un parent ou un allié, ou une personne résidant avec lui ou entretenant avec lui des liens étroits et stables, qui lui vient en aide, de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne».
Des profils communs
Cette situation n’est pas un choix, mais une réalité imposée. Se retrouver à s’occuper de son époux, de son enfant, d’un parent ou d’un ami dont l’état de santé nécessite une aide médicale régulière n’est pas une mince affaire. En France, entre 8 et 11 millions de personnes sont considérées comme proches aidants, dont 61% exercent une activité professionnelle. Le rapport annuel de l’Observatoire salariés aidants de l’Ocirp, publié le 3 octobre dernier, éclaire les profils et les difficultés rencontrées par ces personnes.
La majorité des aidants partagent des caractéristiques similaires. Plus de la moitié sont des femmes : selon l’Ocirp, plus de 6 aidants sur 10 sont des aidantes. Plus de 60 % des salariés aidants qui accompagnent leur conjoint estiment être en difficulté sur le plan de la santé mentale.
L’âge moyen des aidants est de 43,9 ans, avec une ancienneté moyenne de dix ans dans l’aide. Dans 87% des cas, l’aide survient dans le cercle familial, liée à une perte d’autonomie (59% des cas) ou à un handicap (31% des situations). Le soutien moral est nécessaire pour 70% des personnes aidées, suivi de l’aide aux activités domestiques (62%) et aux déplacements (56%).
Une situation intense pour les aidants
Au micro d’Europe 1, Isabelle s’est confiée sur sa situation avec son mari atteint de la maladie de Charcot, détectée en 2014 : «La vie de toute la famille a été chamboulée. Notamment la mienne. (...) Je n’existe plus, je ne suis que son aidante, son aide-soignante. Être aidant, c’est consacrer sa vie, son temps, son argent. C’est tout donner».
Plus de la moitié des aidants salariés se sentent en difficulté physique et psychique, liée à leur situation. S’y ajoutent un isolement social (38% des cas) et un état dépressif (36% des aidants).
Plus de 500.000 aidants sont des enfants, qui alternent entre vie familiale et vie lycéenne. Sophie a témoigné de sa situation délicate à 16 ans, s'occupant de sa mère atteinte d'Alzheimer : «Il fallait tout le temps que je sois avec elle. Du jour au lendemain, j’ai dû apprendre à gérer des démarches administratives. J’aurais aimé avoir plus de soutien des institutions, car j’étais un enfant. J’aurais aimé qu’on m’accompagne».
Un accompagnement encore discret
Plus de 40% des aidants estiment qu’un meilleur accès à des aides professionnelles pourrait les soulager : aide à domicile, coordination des rendez-vous ou aménagement du logement sont des pistes d’amélioration privilégiées.
Au travail, 39% des aidants estiment qu’une souplesse dans les horaires les aiderait. Pour 35%, un aménagement de la charge de travail professionnel serait une aide supplémentaire pour limiter la charge mentale, et 33% pensent que le télétravail pourrait les soulager.
Comme pour les personnes en situation de handicap, l’aide aux aidants est encore loin d’être reconnue à sa juste valeur, malgré certaines avancées, notamment en matière de communication grâce aux 320 plates-formes d’accompagnement. Le gouvernement a mis en place plusieurs dispositifs : allocations journalières, aide au répit, aides fiscales, dons de jours de repos entre collègues ou encore assurance vieillesse des aidants.