La mairie de Paris veut freiner le développement du co-living, un mode d’habitat en plein essor dans la capitale. Le nouveau Conseil de la ville, qui commence ce mardi, pourrait marquer un tournant.
C’est un mot qui sonne presque convivial : co-living. Derrière cette étiquette se cache pourtant une pratique qui pourrait disparaître de la capitale. Lors de ce nouveau Conseil de Paris (de ce mardi 7 octobre au vendredi 10 octobre), le Groupe Communiste et Citoyen tire la sonnette d’alarme. En effet, ce type d’habitat «partagé» serait devenu un outil de spéculation qui grignote peu à peu le parc locatif classique.
Le principe est simple : des immeubles entiers transformés en micro-studios, où chaque occupant loue une chambre privée et partage les espaces communs. Les promoteurs vantent un mode de vie moderne et flexible. Mais pour les élus parisiens, c’est surtout une dérive du marché du logement.
Selon eux, le co-living n’a rien d’une réponse sociale. Il concentrerait des logements dans les quartiers déjà sous tension et ferait flamber les loyers. Résultat : des biens qui échappent à la régulation publique et un modèle qui détourne des logements familiaux pour les transformer en produits financiers.
«un dispositif d’hébergement temporaire présenté comme une solution miracle»
Dans leur communication, les élus communistes dénoncent «un dispositif d’hébergement temporaire présenté comme une solution miracle», alors qu’il contribuerait à la pénurie structurelle du logement à Paris. Ils rappellent que les loyers y sont déjà parmi les plus élevés de France, et que chaque mètre carré compte.
Pour eux, le co-living s’inscrit dans la même logique que les locations touristiques type AirBnB : une rentabilité maximale pour une utilité sociale minimale.
Le document va plus loin : il accuse certains opérateurs de profiter des zones grises du droit pour contourner les obligations de transformation ou de compensation. En clair : du logement classique devient «hébergement collectif» sur simple déclaration, sans passer par les mêmes règles d’urbanisme.
Une situation que la mairie voudrait désormais encadrer plus strictement, afin de «préserver la vocation résidentielle» des immeubles parisiens.
Derrière la bataille administrative, il y a une vision politique : celle d’un retour à un logement accessible et pérenne, loin des formules «lifestyle» réservées à une minorité.
«c’est une régression urbaine»
Les élus communistes appellent la Ville à refuser tout nouveau projet de co-living et à renforcer les contrôles sur ceux déjà existants. Ils réclament également un recensement précis des structures présentes à Paris pour mesurer leur impact réel.
«Le co-living n’est pas un progrès social, c’est une régression urbaine», résume un élu du groupe. Pour lui, ces résidences «ne logent pas les Parisiens, elles hébergent des passants».
Dans une capitale où la question du logement est devenue importante, la majorité municipale choisit donc la fermeté. Le message est clair : à Paris, on veut vivre ensemble, mais pas s’entasser à plusieurs dans un modèle importé du marketing immobilier.