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Sébastien Lecornu : présentation du budget, négociation, gouvernement... Quelles sont les prochaines échéances du Premier ministre ?

Emmanuel Macron a donné carte blanche à Sébastien Lecornu pour négocier avec les forces politiques dans l'éventualité d'un budget pour 2026. [REUTERS/Stephane Mahe]

A la suite d'une journée chargée en suspens, Emmanuel Macron a décidé de renommer Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre, moins d'une semaine après sa démission. Le locataire de Matignon est donc chargé de proposer un budget et de composer un gouvernement plus consensuel que le précédent. 

L’épilogue d’une longue séquence. Après la démission surprise de Sébastien Lecornu, sa mission «flash» de négociation avec les oppositions, et une ultime réunion à l’Élysée en compagnie des chefs de partis, Emmanuel Macron s'est résolu à descendre dans l'arène et de renommer... Sébastien Lecornu à Matignon. Le nouveau Premier ministre aura pour mission de construire un budget et de nommer un gouvernement pour sortir la France de la crise.

À peine nommé à Matignon, celui-ci va hériter d’importantes responsabilités pour sortir la France de la crise dans laquelle elle est engluée depuis un mois, avec une grande priorité : présenter un budget le lundi 13 octobre, date butoir pour la présentation du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) en conseil des ministres et à l'Assemblée nationale. 

«J’accepte - par devoir - la mission qui m’est confiée par le Président de la République de tout faire pour donner un budget à la France pour la fin de l’année et de répondre aux problèmes de la vie quotidienne de nos compatriotes», a réagi le locataire de Matignon, vendredi soir sur X. 

Carte blanche

L'Assemblée nationale et le Sénat doivent ensuite disposer des 70 jours prévus par la Constitution pour examiner les textes budgétaires afin de permettre leur adoption et leur promulgation au Journal officiel avant le 31 décembre, après saisie éventuelle du Conseil constitutionnel. 

Pour ce faire, le Premier ministre pourra s’appuyer sur ses propositions de budget déposées issues des négociations réalisées lors de sa «mission flash» avec les oppositions mardi et mercredi. Celui-ci avait néanmoins confessé que son budget n’était «pas parfait» avec notamment un déficit à 4,5%, et dont le contenu devra encore être «débattu». 

Sébastien Lecornu devra par ailleurs faire des choix importants. Il devra notamment choisir «son camp», en s’alliant avec la droite républicaine, sur validation du Rassemblement national, ou alors avec la gauche, exception faite de la France insoumise, pour dans chacun des scénarios, obtenir un accord de non censure et une majorité à l’Assemblée, condition sine qua non pour l’adoption du budget. Un nouveau socle commun qui devra s’accompagner de concessions, comme sur l’immigration à droite, ou sur les retraites à gauche. 

De ce fait, le chef de l'Etat a laissé carte blanche à son Premier ministre, selon une source proche de l'Elysée à CNEWS, afin qu'il puisse négocier un accord avec les forces politiques désireuses de collaborer. 

Des oppositions remontées 

L'annonce du retour de Sébastien Lecornu a fait vivement réagir. Si les cadres de Renaissance ont salué cette décision d'Emmanuel Macron, la gauche s'est montrée moins enthousiaste. 

Toujours désireuse de destituer le chef de l'Etat, La France insoumise a annoncé le dépôt d'une motion de censure. 

«Macron repousse misérablement l’inévitable : son départ. Nous proposons dès ce soir aux parlementaires de la gauche de l’hémicycle de signer une motion de censure immédiate et une nouvelle motion de destitution du Président de la République», a appelé la cheffe des députés LFI Mathilde Panot. 

Alors que le communiste Fabien Roussel a déploré «un choix inacceptable», la patronne des Ecologistes Marine Tondelier a adopté un ton ironique. «Incroyable», a-t-elle réagi.

Une volonté de censure partagée par le Rassemblement national, comme annoncé par Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, quelques jours auparavant. 

De son côté, le Parti socialiste a démenti tout accord de non-censure avec Sébastien Lecornu. 

Les marges de manœuvre sont donc restreintes pour le Premier ministre. Elles pourraient l'être d'autant plus que certains membres de l'ancien «socle commun» ne semblent pas enjoués à participer au gouvernement, imposant de nombreuses conditions. Du côté des Républicains, comme d'Horizons, le parti d'Edouard Philippe, la question de la réforme des retraites se retrouvera au cœur des débats. 

Un nouveau gouvernement après le budget ? 

En fonction des différentes composantes de cette «plate-forme de stabilité», dans la continuité du socle commun, Sébastien Lecornu sera amené à composer son nouveau gouvernement. 

La tâche s'annonce ardue tant les lignes rouges sont nombreuses entre les différentes forces politiques n'appelant pas à la dissolution de l'Assemblée nationale. 

Le locataire de Matignon pourrait cependant présenter son budget avant son équipe gouvernementale, afin de permettre aux parlementaires de commencer immédiatement son examen. 

Le Haut conseil des finances publiques (HCFP) organise ce lundi une conférence de presse pour exposer son avis sur les projets de budget de l'Etat et de la Sécurité sociale. Sébastien Lecornu pourrait ainsi en profiter pour prendre la parole le même jour. 

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