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«Un milliard d'euros de chiffre d'affaires frauduleux» : deux hommes écroués pour avoir géré le casino en ligne illicite «Crésus»

Deux ressortissants français sont en détention provisoire pour avoir profité des rentrées d'argent d'un casino en ligne appelé «Crésus», jugé illicite. Ils avaient généré près d'un milliard de chiffre d'affaire depuis 2021.

Une affaire juteuse mais illicite. Après quatre années et pas loin d'un milliard de chiffre d'affaires, deux ressortissants français ont été jugés par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée. Ils sont en détention provisoire depuis ce vendredi 10 octobre.

Le site de jeu d'argent en ligne était exploité par deux entreprises basées à Curaçao (île néerlandaise des Caraïbes) et à Chypre. Elles ne bénéficiaient «d'aucun agrément ministériel français les autorisant à commercialiser ces jeux», comme le rapporte la procureure de Paris Laure Beccuau.

Blanchiment d'argent et réalisation en bande organisée d'opération de jeux d'argent

Elle ajoute que, pourtant, «plus de 98% de l'activité s'adressait à des résidents français, représentant plus d'un million de visites mensuelles». Avec une telle popularité, ce casino en ligne a permis aux deux hommes de créer «près d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires depuis 2021», comme le rapporte la magistrate.

Ils ont été poursuivis pour de nombreux délits, dont le plus grave est la réalisation en bande organisée d'opération de jeux d'argent et de hasard prohibés, qui pourraient leur coûter jusqu'à sept années d'emprisonnement et 200.000 euros d'amende. Pour l'offre illicite de jeux d'argent et de hasard en ligne qu'ils ont proposé, ils risquent trois ans d'emprisonnement et 90.000 euros d'amende.

Ils sont également poursuivis pour blanchiment d'argent en bande organisée et pour la publicité en faveur d'un site de paris ou de jeux d'argent et de hasard non autorisée, deux chefs d'accusation qui pourraient les contraindre à 10 années d'emprisonnement.

«La justice considère que le défaut de mention de l'interdiction en France sur les sites internet constitue un acte d'escroquerie, ce qui est juridiquement intenable», a quant à lui défendu Philippe Ohayon, avocat d'un dirigeant salarié de l'une des entreprises mises en cause.

Il dénonce également un «bal des hypocrites», arguant qu'une telle pratique «a été tolérée pendant de nombreuses années». «Et d'un coup, nous passons d'une tolérance extrême à une répression extrême», déplore-t-il encore.

Les joueurs de ce casino dénoncent «l'impossibilité de retirer les gains»

L'un des deux ressortissants français soupçonnés d'être les gérants a subi plusieurs perquisitions et saisies de comptes bancaires, dans le cadre de la coopération judiciaire avec la République de Chypre sous l'égide de l'Unité de coopération judiciaire de l'Union européenne (Eurojust).

L'une des accusations auxquelles font face les deux accusés concerne également «l'impossibilité de retirer les gains» des joueurs en ligne, comme l'a souligné la procureure. Elle avance un préjudice total de 201.755 euros pour les personnes identifiées.

A cela, l'avocat Philippe Ohayon rétorque que «les accusations de vol de gain sont incongrues». Pourtant, des dépôts de parieurs ont été constatés «à hauteur de 237 millions d'euros pour la seule année fiscale 2022-2023», calcule Laure Beccuau. L'analyse des comptes crédités en République tchèque a quant à elle révélé la trace «de réception de 92,6 millions d'euros par de nombreuses sociétés via des virements bancaires entre le 21 février 2022 et le 23 mai 2025». 

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