Alors que le préfet des Bouches-du-Rhône avait mis en place un arrêté pour fermer la mosquée des Bleuets à Marseille pendant deux mois, ce dernier vient d'être suspendu par le juge des référés.
C'est un nouveau rebondissement dans l'affaire de la fermeture de la mosquée des Bleuets à Marseille. Le juge des référés a décidé de suspendre l'arrêté mis en place quelques jours auparavant par le préfet des Bouches-du-Rhône.
En effet, le 6 octobre, ce dernier avait prononcé «pour une durée de deux mois, la fermeture du lieu de culte Mosquée des Bleuets, situé à Marseille (13013)». Le préfet de région Georges-François Leclerc accusait la mosquée et son imam d'avoir sur les réseaux sociaux «des positions favorables à l'organisation terroriste Hamas et, sous couvert d'antisionisme, haineuses à l'encontre de l'État d'Israël». Des accusations qui avaient été contestées par l’association gestionnaire de la mosquée, l’imam et des fidèles du lieu de culte.
pas de menace actuelle d'après le juge
Pour justifier sa décision, le juge des référés explique que l'arrêté «porte atteinte à la liberté fondamentale du culte». Selon lui, cet arrêté mettait également les fidèles du lieu en difficulté : «De plus, la pratique du culte des fidèles, tout particulièrement ceux à mobilité réduite, est empêchée ou rendue plus difficile».
«Les propos et publications de l’imam mis en cause sur les réseaux sociaux, anciens ou plus récents ne présentent pas une menace actuelle de provoquer la haine ou la violence de personnes ou de groupes de personnes», a également estimé le tribunal.
«Cette victoire est une décision d’apaisement», a réagi auprès de l'AFP l'avocat de la mosquée, Me Sefen Guez Guez, estimant qu'«il est temps de laisser la mosquée poursuivre ses activités dans la sérénité».
Il y a un an, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône avait déjà menacé de fermer cette mosquée des quartiers Nord. L'imam Ismail (Smaïn Bendjilali de son vrai nom) avait alors promis de passer un diplôme sur la laïcité, permettant au lieu de culte de rester ouvert malgré les tensions récurrentes entre les autorités et l'institution religieuse.