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Procès de l'assassinat d'Antoine Sollacaro : qui était cet avocat corse tué en 2012 ?

Antoine Sollacaro a été assassiné le 16 octobre 2012. [STEPHAN AGOSTINI / AFP]

Le procès des trois assassins présumés d’Antoine Sollacaro, qui s'est ouvert ce lundi, à la cour d’assises d’Aix-en-Provence, a été renvoyé, en raison des problèmes de santé de Jacques Santoni, instigateur présumé du crime de l'avocat et militant nationaliste.

Une figure emblématique de l’avocature corse. Le 16 octobre 2012, Antoine Sollacaro était assassiné par la mafia. Treize ans plus tard s'est ouvert devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence, le procès de ses trois assassins présumés, ce lundi 3 novembre.

Il a cependant été immédiatement repoussé en raison des soucis de santé de Jacques Santoni, instigateur présumé du crime de l'avocat. 

Né le 30 janvier 1949 à Propriano (Corse-du-Sud), Antoine Sollacaro, militant nationaliste de la première heure, était l'un des pénalistes corses les plus brillants, bâtonnier d'Ajaccio de 1998 à 1999.

Il avait notamment défendu Yvan Colonna, condamné à la prison à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998. Par ailleurs, il avait été l’avocat d'Alain Orsoni, ancien dirigeant du Mouvement pour l'autodétermination (MPA), devenu en 2008 président du club de football Athletic Club d'Ajaccio.

À la barre, il était connu pour ses plaidoiries pugnaces et cinglantes, voire provocantes, comme en 2009 lorsqu'il compare la cour d'assises spéciale de Paris qui juge Yvan Colonna à une «junte birmane».

Maître Sollacaro avait également défendu des membres présumés ou proches du grand banditisme insulaire. Son assassinat serait d’ailleurs lié à la rivalité entre le «Petit Bar» et le clan Orsoni, sur fond de mainmise économique sur la Corse-du-Sud.

Des rivalités de mafia à l’origine de sa mort

Le jour de sa mort, Antoine Sollacaro était au volant de sa Porsche Carrera, lorsqu’il est exécuté de neuf balles, dont cinq dans la tête, par le passager d'une moto. L’enquête avait permis de remonter aux membres du gang du «Petit Bar».

Si l'arme du crime n'a pas été retrouvée et qu'aucun ADN n'a permis de confondre les auteurs, la justice s'appuie sur les déclarations du premier repenti de France, Patrick Giovannoni, «ex-petite main» du gang. Il a affirmé avoir reçu en 2012 des confidences de Jacques Santoni sur la mort de l’avocat.

Ainsi ce sont trois membres de ce gang qui ont été renvoyés devant les assises ce lundi : Jacques Santoni, 47 ans, le chef présumé de cette bande criminelle, est décrit par la justice comme «le commanditaire» et le «cerveau» de l'assassinat et sera jugé pour complicité d'homicide volontaire en bande organisée; André Bacchiolelli poursuivi pour homicide volontaire en bande organisée et Mickaël Ettori, en fuite, pour association de malfaiteurs.

Tous nient leur implication et le procès devait s'ouvrir sous l'hypothèque de l'absence du principal accusé. Jacques Santoni est en effet tétraplégique depuis un accident de moto en 2003, raison pour laquelle il n'est pas détenu, en dépit de plusieurs condamnations. Par ailleurs, une expertise médicale vient de conclure que son état de santé n'était pas compatible avec sa comparution aux audiences.

La veuve du bâtonnier, Jeannine Farioli-Sollacaro, a indiqué, lors d'un hommage mi-octobre à Ajaccio, attendre que passe la justice, refusant «une mascarade» de procès. Ce sera «sa dernière cour d'assises», avait alors ajouté sa fille, Anna-Maria Sollacaro, avocate comme son père.

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