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«Tout cela a été décidé sans qu'on ait été concerté» : la filière française de la vape manifeste pour sa survie ce mercredi

Aujourd'hui, la France compte près de 4 millions de vapoteurs, et 20.000 emplois dans le secteur de la vape. [Adobe Stock]

Ce mercredi 5 novembre, des centaines d'acteurs de la filière de la vape manifesteront dans plusieurs villes de France, pour lutter contre l'article 23 du projet de loi de finances 2026. Ce dernier prévoit l'imposition d'une taxe sur les produits e-liquide, mais aussi l'interdiction de ventes de produits vape dans 3.500 boutiques spécialisées non agréées par l’État, et sur Internet. 

Une filière qui craint de ne pas pouvoir retrouver son souffle. Ce mercredi 5 novembre, le secteur de la vape se fait entendre. Les entreprises, fabricants de e-liquides, sites de vente en ligne et boutiques spécialisées, descendent dans les rues de plusieurs villes de France au nom d'une cause : protester contre l'article 23 du projet de loi de finances 2026. 

Voilà plusieurs jours qu'une mesure, intégrée dans le cadre du plan national antitabac 2023-2027, a été dévoilée. Cette dernière détaille le régime fiscal pour les produits à fumer, comprendre : les substances à inhaler, qu’elles comprennent ou non du tabac ou de la nicotine, et que l’action de fumer implique ou non une combustion ou l’emploi d’un dispositif dédié comme la cigarette électronique. 

Des impacts mesurés

Dans le détail, cet article 23 prévoit l'imposition d'une nouvelle taxe punitive, en plus de la TVA à 20%, de 3 à 5 centimes par millilitres selon le taux de nicotine, l'interdiction de la vente en ligne, et donc, la fermeture de tous les sites e-commerces et un changement de statut des boutiques spécialisées, calqué sur les bureaux de tabac. Seulement, ces changements hérissent le poil des spécialistes. 

Selon Jean Moiroud, président de la Fédération Interprofessionnelle de la Vape (FIVAPE), les principaux impacts en cas d'application de ces décisions sont déjà mesurables. D'abord, concernant la suppression de la vente en ligne de produits du vapotage. «Ce secteur représente à peu près 25 à 30 % de tous les échanges de produits de notre catégorie et compte environ 4.000 emplois», détaille-t-il. 

Le deuxième impact, selon le spécialiste, est celui de la «redéfinition des produits de vapotage comme des produits du tabac. L'article 23, en fait des produits à fumer, ce qui est absolument révoltant et scandaleux, puisque le vapotage est une solution pour aider à l'arrêt du tabac». 

Enfin, Jean Moiroud pointe du doigt l'agrément obligatoire pour les boutiques de vapotage, qui représente, selon lui, «une menace existentielle sur les boutiques spécialisées en leur imposant un régime administratif qui ne leur correspond pas du tout», le tout, «sans avoir été concertés».  

La peur d'un retour au tabac

D'autres pays européens ont déjà succombé à la taxation de la vape. En 2021, le Parlement allemand a validé un projet de loi en ce sens, imposant une taxe graduelle, afin de mettre en place une augmentation de 64 % du prix des e-liquides, sur cinq ans.

D'après l'expert, cet exemple européen a démontré l'impact de telles décisions «en termes de santé publique». «En Allemagne, quand la taxe a été mise en place, on a observé un retour des vapoteurs au tabac, notamment parce que le prix a augmenté». 

De plus, pour le président de la FIVAPE, «la mise en place d'une taxe sous-entend qu'il y a quelque chose de négatif à compenser».

En signe de protestation, la fédération organise donc un mouvement national ce mercredi 5 novembre, qui se tiendra simultanément dans les villes d'Orléans, Strasbourg, Lille, Aix-en-Provence, Cherbourg et Vannes. 

Il y a quelques jours, la filière française de la vape a également créé une pétition pour s'opposer à l'article 23. Un texte déjà signé par plus de 180.000 personnes. Aujourd'hui, la France compte près de 4 millions de vapoteurs, et 20.000 emplois dans le secteur de la vape.

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