Depuis la mise en place d’un décret en 2023, plus de 280 élèves auteurs de harcèlement ont été contraints de changer d’établissement, a indiqué le ministre de l’Éducation nationale.
Un chiffre rassurant en cette journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Le ministre de l’Éducation nationale a indiqué, ce jeudi 6 novembre, que plus de 280 élèves harceleurs en élémentaire ont été changés d'école, depuis la publication d’un décret en fin août 2023.
«En deux ans, on a 282 élèves qui ont été changés d'établissement. Et en fait, avec ce qui s'est passé depuis le début de l'année, on est probablement aujourd'hui à plus de 300 élèves qui ont été changés d'école», a indiqué Edouard Geffray à la presse, lors d'un déplacement dans un collège de Barentin (Seine-Maritime).
Un décret performant
Mais si une telle mesure a été rendue possible, c’est par le biais de ce décret. L’objectif de ce dernier : éviter de changer d’école les victimes de harcèlement scolaire, mais plutôt transférer les harceleurs vers un autre établissement.
Pour l’année scolaire 2023-2024, ce dernier a permis de changer d’école 95 élèves dans le premier degré. Pour celle de 2024-2025, c’est 187 élèves auteurs de harcèlement scolaire qui ont pu être punis, a détaillé le ministère de l’Éducation nationale dans un dossier de presse.
Et pour le second degré, le progrès est aussi notable. Selon le dossier de presse, «le nombre de conseils de discipline tenus au cours du premier trimestre de l’année scolaire a augmenté de plus de deux fois par rapport à l'année 2023-2024, sur la même période». Néanmoins les conseils de discipline tenus pour harcèlement (6% de ceux de l'année 2024-25) n'ont pas forcément tous abouti à un changement d'établissement.
Des indicateurs en hausse dans la lutte contre le harcèlement scolaire
Lundi dernier, le ministre de l’Éducation nationale avait déjà indiqué qu’environ 600 poursuites pénales avaient été engagées entre 2022 et fin 2024 dans des cas de harcèlement scolaire.
De plus, selon des chiffres du ministère de la Justice, plus de 10.000 affaires concernant ces mêmes faits ont été enregistrées par les parquets depuis mars 2022. Parmi elles, nombreuses n’ont pas donné suite ou alors une sanction autre que le déplacement d’un élève vers un autre établissement a été choisie.
En tout cas, pour Edouard Geffray, il faut rester «ferme» face à ce genre de sujet. «Moi, ma ligne, c'est : tu es harcelé, tu es protégé. Tu es harceleur, tu es sanctionné», a-t-il souligné.
Selon un baromètre publié mercredi par l'association de lutte contre le harcèlement Marion la Main tendue, 17% des élèves ont été victimes de harcèlement et 7% sont identifiés comme auteurs. Parmi ces harceleurs, deux sur trois ont eux-mêmes été harcelés, et 60% des auteurs déclarent n’avoir jamais été sanctionnés.