Après l'ouverture du premier magasin physique de Shein au BHV ce mercredi 5 novembre, certaines marques ont décidé de fermer leur stand par conviction ou bien même de racheter l'entièreté de leur stock.
En plein cœur d’un scandale de vente de poupées sexuelles pédopornographiques, la marque chinoise Shein a ouvert ce mercredi 5 novembre sa première boutique physique en France au sein du prestigieux BHV à Paris.
L’annonce de l’arrivée de Shein en France avait provoqué une vague d’indignation très forte et une perte de partenaires de taille pour le BHV, parmi lesquels Disneyland Paris, qui devait ouvrir un magasin éphémère pour Noël.
La situation s’est empirée ce mercredi de telle manière que certaines marques ont décidé de quitter le prestigieux Bazar de l’Hôtel de Ville. C’est par exemple le cas de la créatrice Agnès B. de son vrai nom Agnès Troublé, qui a annoncé, dans une interview à Franceinfo, fermer son stand au BHV «définitivement».
A travers cette décision, la créatrice a dénoncé la mise en danger d'emplois mais également la perte de qualité et la pollution qu'engendre ce genre de marque. «C'est un paquet de vêtements qui finit dans le désert d'Atacama à la fin, parce que même les bonnes œuvres n'en veulent plus», a-t-elle réagi auprès de nos confrères.
Douze marques se retirent
La décision d'Agnès B. a été partagée par douze autres marques qui mettent en avant des valeurs à l'opposé de l'entreprise chinoise. «Je refuse, comme bon nombre de créateurs éco-responsables d'être associée à cette marque qui n'a de valeur que pour la rentabilité», déclarait Carine Pechavy, fondatrice de la marque de bougeoirs Maison Pechavy.
Les marques Apc, le Jaby, Figari, Audage, Maison Pechavy, Culture Vintage, Hame, Talm, Rive Droite, Saint-Michel Parfums ou encore Polymères ont déjà pris la décision de se retirer. D'autres enseignes envisagent un retrait sans annonce officielle pour l'heure. Pour la marque Culture Vintage, spécialiste de la seconde main, «ce choix n'est pas facile économiquement mais évident».
Une résistance relayée sur les réseaux sociaux
Dans une vidéo publiée ce mercredi par la marque de cosmétique Skin & Out, on peut y voir la co-fondatrice se rendre au BHV pour racheter le stock présent en magasin.
Dans cette séquence diffusée sur les réseaux sociaux, elle explique avoir arrêté tout contrat avec le magasin dès l'annonce de l'arrivée du géant chinois, mais ne pas avoir pu retirer les produits en rayon. La marque a donc pris la décision de se rendre en magasin afin de racheter tous les produits.
Un positionnement coûteux assumé par la jeune entreprise, expliqué par les valeurs de la marque, qui mise sur des produits fabriqués en France et qui place «l'humain et la planète au centre».