Alors que des appels au boycott avaient été lancés, le concert de l’orchestre philharmonique d’Israël, dirigé par le chef Lahav Shani, a été perturbé jeudi soir à la Philharmonie de Paris par des militants pro-palestiniens. Ils ont allumé des fumigènes et semé la panique dans la salle.
Des actes intolérables. Jeudi soir, l’orchestre philharmonique d’Israël, dirigé par le chef Lahav Shani, a donné une représentation à la Philharmonie de Paris. Mais elle ne s'est pas déroulée comme prévu : des activistes pro-palestiniens ont interrompu le concert à trois reprises, munis de fumigènes dans les gradins.
Dans un communiqué diffusé ce vendredi, l'établissement a annoncé porter plainte, condamnant «fermement» les «graves incidents» survenus jeudi.
«La Philharmonie a démontré qu'elle était à l'écoute en répondant aux diverses interpellations reçues ces derniers jours au sujet de ce concert. Mais la violence n'est pas un débat. Et la faire entrer dans une salle de concert est très grave», a-t-il précisé.
Des réactions en masse
Depuis jeudi soir, les réactions pleuvent sur les réseaux sociaux.
«Immense émotion ce soir à la Philharmonie de Paris, où s'est produit l'Orchestre Philharmonique d'Israël. Honneur aux musiciens qui ont joué malgré les interruptions des agitateurs haineux ! Les appels au boycott et les perturbations qui se multiplient sont inacceptables. Des sanctions exemplaires doivent être prises», peut-on lire dans un message posté sur X par le président du CRIF, Yonathan Arfi.
Immense émotion ce soir à la Philharmonie de Paris, où s'est produit l'Orchestre Philharmonique d'Israël.
Honneur aux musiciens qui ont joué malgré les interruptions des agitateurs haineux !
Les appels au boycott et les perturbations qui se multiplient sont inacceptables. Ils… pic.twitter.com/mXMyuskNVh— Yonathan Arfi (@Yonathan_Arfi) November 7, 2025
«Des militants pro-palestiniens cagoulés cornaqués par @cgt_spectacle ont perturbé ce soir le concert de l'Orchestre philharmonique d'Israël à la @philharmonie de Paris en allumant des fumigènes mettant ainsi en danger le public», est-il écrit dans un autre post publié sur X, par le journaliste Frédéric Haziza.
Des militants pro-palestiniens cagoulés cornaqués par @cgt_spectacle ont perturbé ce soir le concert de l'Orchestre philharmonique d'Israël à la @philharmonie de Paris en allumant des fumigènes mettant ainsi en danger le public. Le concert a pu reprendre après l’intervention de… pic.twitter.com/DVqEpv20t2
— Haziza Frédéric (@frhaz) November 6, 2025
Karen Taieb, adjointe à la Maire de Paris en charge du patrimoine, de l’histoire de Paris et des relations avec les cultes, a également réagi. «Tout mon soutien au Philharmonique d'Israël, au public et à la @philharmonie de Paris qui ont eu à vivre cette violence ce soir en plein concert», a-t-elle écrit.
Tout mon soutien au Philharmonique d'Israël, au public et à la @philharmonie de Paris qui ont eu à vivre cette violence ce soir en plein concert
Qui sont ces antisémites notoires ?
Qui accepte cela ?
J’attends les condamnations pic.twitter.com/u1Htq3GkKX— Karen Taieb (@karen_taieb) November 6, 2025
Muriel Ouaknine-Melki, présidente de l’Organisation Juive Européenne (OJE), a de son côté, estimé que ces perturbations constituaient un «échec cuisant pour le gouvernement français, qui affiche sa totale impuissance à protéger public et musiciens ciblés parce que juifs».
6 11 2025, Paris .
Le Philarmonie pris d'assaut par une horde d'antisémites dégénérés.
Echec cuisant pour le gouvernement français qui affiche sa totale impuissance à protéger public et musiciens ciblés parce que JUIFS.@NunezLaurent@datirachidahttps://t.co/n9zHghUpg2— Muriel Ouaknine-Melki (@MelkiMuriel) November 6, 2025
Cette dernière avait déjà rappelé, mardi, sur le plateau de CNEWS, que Rachida Dati «a la possibilité de saisir la justice», face aux appels au boycott du concert qui se multipliaient déjà depuis plusieurs jours.
Muriel Ouaknine-Melki, avocate et présidente de l'Organisation juive européenne, sur l'appel au boycott de l'Orchestre national d'Israël à la Philharmonie de Paris : «Rachida Dati a la possibilité de saisir la justice», dans #Punchlinepic.twitter.com/h8xu2n3Q0X
— CNEWS (@CNEWS) November 4, 2025
Une venue critiquée par la CGT Spectacle
Les perturbations du concert font suite à un communiqué de la CGT Spectacle, représentant les travailleurs de ce secteur, publié le 29 octobre. Dans ce texte, le syndicat avait vivement critiqué la tenue du concert, sans toutefois appeler à son boycott.
«La Philharmonie de Paris ne peut accueillir l’orchestre philharmonique d’Israël sans rappeler à son public les accusations gravissimes qui pèsent contre les dirigeants de ce pays ni la teneur des crimes commis à Gaza », avait-elle indiqué, ajoutant que ce concert était «compris comme une entreprise de normalisation de la part de l’État d’Israël».
Mais mardi, la ministre de la Culture Rachida Dati avait apporté son soutien à l'Orchestre philharmonique d'Israël, lui souhaitant la «bienvenue» et prévenant que «rien ne justifie un appel au boycott de ce moment de culture, de partage et de communion. La liberté de création et de programmation est une valeur de notre République. Aucun prétexte à l'antisémitisme !».
Bienvenue à l’Orchestre national d’Israël ce jeudi à la @philharmonie. Rien ne justifie un appel au boycott de ce moment de culture, de partage et de communion. La liberté de création et de programmation est une valeur de notre #République. Aucun prétexte à l’antisémitisme ! pic.twitter.com/7dTiw1CUvT
— Rachida Dati ن (@datirachida) November 4, 2025
Lundi, dans un communiqué cité par France Musique, la Philharmonie de Paris avait indiqué espérer que le concert «puisse se tenir dans les meilleures conditions possibles».
«La Philharmonie a accueilli et accueillera encore aussi bien des artistes israéliens que palestiniens. Nous n'exigeons jamais de prise de position de la part des artistes et des formations invitées au sujet de conflits en cours ou d'enjeux politiques sensibles», avait poursuivi l'établissement musical.
En septembre, l'orchestre philharmonique de Munich avait été déprogrammé d'un festival belge où il devait se produire sous la direction du jeune chef israélien. Après cette programmation, le chancelier allemand Friedrich Merz avait fustigé «le poison de l'antisémitisme».