Mécontents de la baisse tarifaire imposée par l'Assurance maladie pour les trois prochaines années, les radiologues font grève ce lundi 10 novembre. Ils dénoncent une fragilisation du secteur.
Si vous aviez un rendez-vous prévu aujourd'hui chez votre radiologue, vous risquez d'arriver devant un cabinet fermé. Ce lundi 10 novembre, près de 80 % des praticiens libéraux ont répondu à l'appel à la grève lancée par la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR).
Tous protestent contre la nouvelle baisse des prix imposée par l'Assurance maladie mi-octobre. Afin de réaliser 300 millions d'euros d'économies en trois ans, de 2025 à 2027, la Sécurité sociale a réduit de 5 % leurs tarifs.
Une décision «absurde»
Ce changement «ne va pas remettre en cause la viabilité de la radiologie dans notre pays, ni les conditions d'accès aux soins, dans un secteur qui est par ailleurs extrêmement dynamique», a pourtant affirmé le directeur de l'Assurance maladie Thomas Fâtome. Selon lui, cette baisse des tarifs n'entraînera pas de baisse de dépenses en radiologie et en imagerie, mais simplement un ralentissement «d'un tiers» par rapport à la progression attendue d'ici à 2027.
Mais du côté des radiologues, cela ne passe pas. Dans un communiqué publié début novembre, le président de la FNMR Jean-Philippe Masson a demandé «une révision immédiate de ces décisions pour éviter que les patients ne soient victimes d'une politique comptable court-termiste». Le professionnel de santé juge cette décision «absurde» et «irresponsable». Pire encore, il redoute que ces baisses tarifaires ne fragilisent le secteur, entraînant un allongement des délais d'accès aux examens, des fermetures de cabinets en zones rurales ou encore un ralentissement de l'innovation technologique.
Les prochaines mesures du PLFSS sont inacceptables, la radiologie se met en grève LUNDI 10 NOVEMBRE pour défendre une radiologie de pointe au service des patients #plfss2026#Radiologypic.twitter.com/cxob7LJSY8
— Fédération Nationale des Médecins Radiologues (@Fnmr_radiologue) November 4, 2025
Vers un engorgement dans les cabinets ?
«Nous ne reviendrons pas» sur les premières baisses déjà entrées en vigueur le 5 novembre, leur a répondu Thomas Fâtome, mais «nous pouvons discuter» de celles prévues les deux prochaines années.
Dans les différents cabinets, cette journée de grève risque bien de créer un engorgement, le lendemain étant un jour férié. Seuls les préfets ont le pouvoir, avec les Agences régionales de santé (ARS), de réquisitionner des radiologues uniquement en cas d'urgences.