Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF), les députés ont largement rejeté la suppression de l’abattement fiscal de 10% sur les pensions de retraite. Le gouvernement souhaitait le remplacer par un forfait de 2.000 euros.
L’Assemblée nationale a supprimé par 213 voix contre 17 la mesure du gouvernement qui prévoyait de remplacer l’abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités sur leur pension par un forfait de 2.000 euros. L'essentiel de la gauche, de l'alliance RN-UDR et des députés LR ont voté pour effacer la mesure.
Pensions de retraites : les députés rejettent la suppression de l'abattement de 10%. #DirectAN#Budget2026pic.twitter.com/m1v1Vq3rRn
— LCP (@LCP) November 13, 2025
Selon la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, cette mesure visait à créer «la solidarité entre retraités» en permettant une «baisse d'impôt pour 1,6 million» des plus modestes, tout en augmentant celui des autres.
Celle-ci est a cependant provoqué une levée de bouclier parmi les parlementaires. «Il est hors de question de s’attaquer au pouvoir d’achat de ceux qui ont travaillé toute leur vie», a déclaré Laurent Wauquiez. De son côté, le député Jean Philippe Tanguy a fustigé une proposition participant à faire des retraités «les nouveaux bouc émissaires d’un système en échec».
Un calendrier chargé
Ce vote intervient à la reprise de l'examen du budget de l'État dans l'Hémicycle après neuf jours de pause. Le budget de la Sécu avait pris place au Palais-Bourbon, avec le vote emblématique mercredi de la «suspension» de la réforme des retraites de 2023, l'une des conditions de la non-censure des socialistes du gouvernement de Sébastien Lecornu.
L’examen du texte n’a pu aller à son terme mercredi soir, mais Amélie de Montchalin a redit jeudi que «l’ensemble des amendements votés ont été transmis au Sénat».
Pour le budget de l’État, la tâche s’annonce tout aussi ardue. Plus de 2.100 amendements restant à examiner sur la seule première partie, consacrée aux recettes. Un vote aurait dû avoir lieu sur ce volet le 17 novembre, mais gouvernement et Assemblée ont acté qu'il n'y en aurait pas. Un vote sur la partie «recettes» n'est pas non plus assuré. L'ensemble du texte doit être transmis au Sénat le 23 novembre à minuit, selon les délais constitutionnels.