En réaction au reportage de France 2 diffusé ce lundi, montrant des propositions de contenus pornographiques sous couvert de ventes classiques sur les sites Leboncoin et Etsy, la Haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a fait part de sa volonté de saisir l’Arcom.
«La réaction doit être totale». La Haute-commissaire à l'Enfance va saisir le régulateur du numérique après la diffusion ce lundi d'un reportage de France 2 montrant que des annonces sur les sites d'Etsy et Leboncoin proposent des contenus pornographiques sous couvert de ventes classiques.
L'entourage de Sarah El Haïry a indiqué lundi soir à l'AFP qu'elle allait saisir l'Arcom des cas du site de commerce électronique Etsy et du site de petites annonces Leboncoin, au lendemain de l'annonce d'une démarche similaire pour le site de vente d'occasion Vinted.
L'Arcom a d'ailleurs déjà contacté son homologue en Lituanie, où se situe le siège de Vinted, compétent pour «superviser les obligations» de la plate-forme «au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA)», a déclaré le régulateur français.
«Que ce soit sur Etsy, sur Leboncoin ou ailleurs, les plate-formes ne peuvent pas fermer les yeux quand des annonces permettent, contre paiement, d’accéder à des contenus pornographiques», a assuré l'entourage de la Haute-commissaire à l’AFP. «Dès lors qu'un risque de mise en contact entre mineurs et pornographie existe, l'alerte doit être immédiate, la réaction doit être totale», a ajouté cette même source.
Depuis 2024, la loi oblige les sites hébergeant de la pornographie à vérifier l'âge des utilisateurs, sous peine de sanctions allant jusqu'au blocage.
«Une politique de tolérance zéro»
Le reportage diffusé dans le journal de 20h de France 2 lundi montre une annonce sur Leboncoin d'une femme vendant en façade des robes mais qui en réalité propose des contenus pornograhiques, à payer directement sur la plate-forme. Les journalistes précisent que, contacté par leurs soins, Leboncoin a retiré cette annonce.
Sur Etsy, cette fois-ci, c'est une annonce proposant des images de jeunes filles nues générées par intelligence artificielle qui est montrée «des contenus pouvant être considérés comme pédopornographiques».
Le reportage donne également à voir des annonces sur Vinted menant en quelques clics de vente de vêtements à des propositions de contenus sexuels.
Le site «L'Informé» et d'autres médias ont révélé ces derniers jours que des annonces visibles sur la célèbre plate-forme de vente de produits de seconde main renvoient vers d'autres messageries, via lesquelles leurs auteurs monnayent des contenus pornographiques.
Contacté par l'AFP, Vinted a assuré avoir «une politique de tolérance zéro concernant les communications non sollicitées à caractère sexuel ou la promotion de services sexuels» et prendre «ces situations très au sérieux».