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«Pour qui dois-je voter, ChatGPT ?» : Emmanuel Macron alerte sur l’utilisation de l’IA pour les prochaines élections

Emmanuel Macron était à Arras, ce mercredi 19 novembre. [© Francois Lo Presti / Pool via REUTERS]

Emmanuel Macron a alerté quant à l'influence que pouvait avoir l'intelligence artificielle sur certains citoyens. Il a notamment évoqué le cas de ceux qui demandent «Pour qui dois-je voter ?», à une IA.

Le rôle politique de l'intelligence artificielle, un véritable danger selon Emmanuel Macron. Comme le rapporte La Voix du Nord, à l'occasion d'un débat organisé autour du thème de «la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes», le président a prévenu quant à certaines dérives citoyennes dues à l'utilisation de certains chatbox comme ChatGPT, Gemini ou Perplexity.

Pour lui, il est l'heure «de la prise de conscience, mais aussi celui de l’action», face au rôle grandissant des plates-formes d'intelligence artificielle, ajoutant que notre société change à grands pas : «On va entrer dans un autre monde». Pour lui, «une véritable révolution s’est produite dans nos usages et dans le fonctionnement de nos démocraties».

Les intérêts des IA «non alignés avec ceux de la France» ?

Ne cachant pas certaines craintes, le leader de la Majorité présidentielle prévient : «Aux prochaines municipales, à la prochaine présidentielle, je vais vous dire ce qui va se passer. De plus en plus de compatriotes vont aller sur leur agent IA et ils vont demander : "Pour qui je dois voter ?"»

Pour lui, cette tendance est d'autant plus inquiétante que «les gens qui possèdent ChatGPT» ne sont pas sans influence : «Les intérêts qu’il y a derrière, je ne suis pas sûr que ce soit des intérêts complètement neutres ou totalement alignés avec les intérêts de la France». Le président a cependant précisé ne pas savoir quelle serait la réponse d'une IA à une demande de conseil de vote.

Lors du même rassemblement, Emmanuel Macron a également évoqué le monde des réseaux sociaux, qu'il qualifie de «far west». Pour le président français, «c’est comme si on se mettait à se taper dessus parce qu’on est cagoulés». Pour cette raison, il «n’est pas contre de lever l’anonymat sur les réseaux sociaux» et souligne d'il existe «un vrai débat parce qu’il y a des pays où liberté individuelle est moins protégée, mais on ne peut pas avoir l’anonymat et une absence totale de modération». 

Un constat qui n'est pas sans rappeler l'affaire révélée en 2018, lors du scandale Cambridge Analytica, qui avait démontré comment des millions de données des électeurs américains avaient été récupérées pour les influencer sur Facebook. Des dérives qu'il ne seraient donc pas impossible de retrouver chez les IA.

Cependant, l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande rappelle que ces outils représentent «une formidable chance» à condition qu'ils soient «domestiqués».

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