Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Narcotrafic : comment les réseaux sociaux sont-ils devenus le cœur battant du trafic de drogue ?

Les trafiquants recrutent également des étudiants ou jeunes actifs. [© Syda Productions/Adobe]

Alors que le narcotrafic a frappé la cité phocéenne, en témoigne l'assassinat de Mehdi Kessaci survenu le 13 novembre, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a publié ce jeudi, un rapport choc sur l'état du trafic de stupéfiants en France. 

Un rapport inquiétant. Longtemps cantonné autour des points de deals physiques, le trafic de stupéfiants s'est aujourd'hui transformé en un système tentaculaire, dématérialisé où les plates-formes numériques sont devenues le poumon de ce commerce illicite. Telles sont en substance les conclusions d'un nouveau rapport, publié ce jeudi, de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT)

Pour garder et étendre leur business, «le maintien de la relation avec la clientèle constitue un enjeu central», signalent les auteurs qui décrivent comment ces organisations criminelles utilisent à dessein plusieurs applications. «L'usage des applications numériques et des messageries instantanées par les trafiquants de drogues se généralise et se perfectionne», souligne l'Observatoire. 

Certaines sont ainsi «spécialisées dans le partage de photos ou de vidéos, pour présenter les substances vendues (leur aspect, leurs prix, les quantités disponibles, etc.)». D'autres, «réputées plus sécurisées et plus efficientes en matière de communication», servent à entrer «en contact avec les clients et organiser la livraison», peut-on lire.

«Potato», la nouvelle messagerie des trafiquants

En septembre 2024, Telegram avait annoncé modifier ses règles de modération pour coopérer davantage avec la justice française, quelques semaines après l'arrestation en France de son patron, Pavel Durov. Une décision qui «a entraîné la disparition de nombreux comptes tenus par des trafiquants de drogues sur cette plateforme», note l'OFDT dans son rapport. Bousculés dans leurs habitudes, les dealers se sont repliés sur d’autres messageries comme Potato. 

Ceux qui se sont maintenus sur Telegram «ont supprimé toute référence à la vente de drogues (en ne laissant visibles que quelques informations comme les horaires d’ouverture et l’adresse du point de vente ou le numéro de téléphone pour commander par livraison, etc.) afin de déjouer la modération», relève l’OFDT dont l’étude montre à quel point les réseaux sont devenus essentiels pour capter la clientèle.

De nouveaux profils recrutés

Si les dealers ont adopté l'ubérisation pour diversifier leur commerce, ils sont loin de déserter les halls des immeubles. Alors que le garde des Sceaux Gérald Darmanin a qualifié le narcotrafic de «menace» «au moins équivalente à celle du terrorisme sur le territoire national», après l’assassinat en plein jour de Mehdi Kessaci à Marseille, les dealers tentent de déjouer les contrôles en recrutant des nouveaux profils. 

«Des jeunes femmes, des personnes non racisées ou relativement âgées par rapport aux jeunes habituellement recrutés -quadragénaires ou quinquagénaires, voire retraitées- et à l’apparence soignée sont ainsi embauchées pour assurer le transport de produits ou leur livraison aux consommateurs», détaille l’OFDT. 

Les trafiquants recrutent également des étudiants ou jeunes actifs «pour leurs compétences en matière de graphisme, de gestion des outils numériques ou de communication », poursuit cette même source. Cette diversification implique aussi des profils «autoentrepreneurs» ou des «petites équipes composées de deux ou trois personnes, parfois elles-mêmes consommatrices», qui développent, via les applications numériques, leur propre clientèle.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités