Les sénateurs ont rejeté samedi une disposition du projet de budget de l'État qui visait à supprimer les avantages fiscaux accordés à deux biocarburants : le B100 et le E85.
Sénateurs et députés sur la même longueur d'onde. Après avoir été supprimée à l'Assemblée nationale, une mesure permettant d'accorder des avantages fiscaux à deux biocarburants a été rejetée par les sénateurs, ce samedi 29 novembre.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoyait la suppression du tarif particulier pour le carburant B100 ainsi que la réduction progressive de l'avantage fiscal pour le carburant E85 (éthanol). Ces deux mesures ont provoqué une levée de boucliers au sein de la filière. La FNSEA, puissant syndicat agricole, en a notamment fait un cheval de bataille.
Malgré cette réponse négative de l'Assemblée nationale et du Sénat, la donne pourrait être différente d'ici à la mi-décembre, date jusqu'à laquelle le projet de loi de finances sera examiné entre députés et sénateurs.
Les biocarburants B100 et E85 sont soutenus depuis longtemps par une niche fiscale instaurée pour encourager leur production dans le cadre de la transition écologique. Plusieurs rapports et études scientifiques remettent toutefois en question leur efficacité réelle pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, relançant les discussions sur l'opportunité de maintenir cet avantage.
Des carburants d'origine biologique
Le B100 et l'E85 sont des biocarburants dits de «première génération», c'est-à-dire produits à partir de cultures alimentaires comme le colza, le maïs, la betterave ou le blé. Le B100 est composé à 100% de biodiesel, provenant d'un procédé chimique de transestérification d'huile végétale. En France, 77% de la production de biodiesels provient de l'huile de colza, selon FranceAgriMer.
D'après une note du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), environ 20.000 camions roulent au B100 en France, pour une consommation de 360.000 m³ en 2024.
Le superéthanol E85 est quant à lui un carburant essence contenant entre 65 et 85% d'éthanol selon la saison. Produit à partir de betterave, de maïs et de blé, il résulte de la fermentation du sucre avant d’être mélangé à l'essence.