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Hong Kong : le bilan de l'incendie d'un complexe résidentiel grimpe à 159 morts

Une semaine après l'incendie qui a ravagé des immeubles à Hong Kong, les autorités ont indiqué ce mercredi 3 décembre que le bilan provisoire atteint désormais à 159 morts. 

Plusieurs bâtiments détruits par les flammes et un terrible bilan humain. Un incendie majeur s'est déclaré le 26 novembre dernier à Hong Kong (Chine), dans un groupe d'immeubles de la ville. Une semaine après le drame, l'ensemble des immeubles touchés ont été inspectés. 

Les services de police de Hong Kong ont indiqué, ce mercredi 3 décembre, que le nombre de morts s'élevait désormais à 159. «Nous avons retrouvé 159 corps, dont 140 ont été identifiés de manière préliminaire : 49 hommes et 91 femmes, âgés de 1 à 97 ans», a déclaré le commissaire de police Joe Chow.

Il s'agit encore d'un bilan provisoire puisque les agents ayant procédé aux fouilles ont découvert des «ossements humains suspects», qui doivent encore être analysés par les équipes médico-légales. 

Par ailleurs, sur les dizaines de blessés, 14 sont toujours dans un état critique, selon les autorités hospitalières, ce qui pourrait faire grimper à nouveau le bilan en cas de décès. C'est le pire incendie qu'ait connu Hong Kong depuis 1948. 

Les causes de l'incendie à déterminer

Le complexe «Wang Fuk Court», en rénovation, situé dans le quartier de Tai Po, qui comprend près de 2.000 logements, a pris feu le 26 novembre dernier peu avant 15h, heure locale.

Les flammes se sont rapidement propagées à sept des huit tours de 31 étages chacune, vraisemblablement via des matériaux inflammables utilisés pour la rénovation. 

L'incendie s'est déclaré aux alentours de 15h, heure locale. © Tyrone Siu

Les causes précises du sinistre n'ont pas encore été établies par les autorités, mais ces dernières ont indiqué que la propagation s'est faite via les filets utilisés sur des échafaudages, non conformes aux normes incendie.

On parle notamment des échafaudages en bambou traditionnels et de filets protégeant de la poussière et de la chute d'objets, qui recouvraient les façades des immeubles.

Depuis le drame, la police a collecté des échantillons de filets à 20 endroits différents du complexe de «Wang Fuk Court». «Parmi ces échantillons, ceux prélevés à sept endroits différents, ne répondaient pas aux normes de résistance au feu», a déclaré le responsable du gouvernement de Hong Kong, Eric Chan. 

Des habitants du complexe ont dit n'avoir entendu aucun signal d'alarme, et avoir dû frapper aux portes pour prévenir leurs voisins lorsque les flammes ont envahi les tours. Les pompiers ont confirmé que les alarmes n'avaient pas fonctionné. 

La lutte contre les flammes a duré plus de 24 heures. © Tyrone Siu / REUTERS

En outre, des vents d'environ 14km/h enregistrés dans la région ont attisé les flammes et favorisé leur propagation. Hong Kong était déjà en alerte rouge incendies depuis lundi, le niveau maximal, en raison du vent et d'un taux d'humidité relative de 16 %, le plus bas enregistré depuis le début des mesures en 1984.

Les flammes se sont rapidement propagées à l'intérieur du complexe construit dans les années 1980. © Tyrone Siu / REUTERS

Quinze personnes arrêtées pour homicides involontaires

Selon des témoignages, de nombreuses personnes âgées se trouvaient dans l'immeuble au moment du drame, qui a mobilisé plus de 1.200 personnes, plus de 200 engins anti-incendie et environ 100 ambulances, selon un décompte officiel.  

Des dizaines de résidents ont été évacués par les secours. © Tyrone Siu / REUTERS

Une enquête approfondie avait immédiatement été ouverte pour «homicides involontaires». L'organisme anti-corruption de Hong Kong et la police, qui mènent une enquête conjointe sur l'incendie, ont déjà procédé à l'arrestation de quinze personnes.

Le chef de l'exécutif du territoire, John Lee, a annoncé une inspection de tous les grands chantiers de rénovation de la ville. Le numéro deux du gouvernement de Hong Kong, Eric Chan, a pour sa part jugé «impératif d'accélérer la transition complète vers les échafaudages métalliques».

Enfin, la Commission indépendante contre la corruption a annoncé la mise en place d'un «groupe de travail [...] pour lancer une enquête approfondie sur de possibles faits de corruption dans le grand projet de rénovation de Wang Fuk Court à Tai Po».

Hong Kong, région administrative spéciale comptant 7,5 millions d'habitants, est l'une des zones les plus densément peuplées au monde avec plus de 7.100 habitants au kilomètre carré en moyenne, et jusqu'à trois fois plus dans les zones urbanisées, un record mondial.

Ce centre financier aux prix immobiliers parmi les plus élevés au monde est célèbre pour ses gratte-ciels, dont 569 de plus de 150 mètres de hauteur, soit le plus grand nombre au monde, selon des données de l'ONG internationale spécialisée Conseil sur les grands immeubles et l'habitat urbain (CTBUH).

Ces dernières décennies ont été marquées par la construction d'une profusion de tours résidentielles, jusqu'à plus de 50 étages, dans la région des Nouveaux Territoires, où se trouve le quartier de Tai Po.

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