La cour d'assises des Landes a condamné ce mercredi 3 décembre à trente ans de réclusion criminelle Maylis Daubon pour l'empoisonnement de ses deux filles, dont l'une est décédée.
Le verdict est tombé. Maylis Daubon, accusée d’avoir tué sa fille de 18 ans avec des médicaments et intoxiqué sa cadette, a été condamnée à trente ans de réclusion criminelle ce mercredi 3 décembre par la cour d'assises des Landes.
«Les faits sont d'une particulière gravité, commis successivement sur Enea (décédée en novembre 2019 d'une surdose médicamenteuse, ndlr), puis sur sa sœur» Luan, avait déclaré l'avocat général Marc Bourragué, qui avait requis cette peine assortie d'une période de sûreté de quinze ans, au dernier jour de ce procès à Mont-de-Marsan.
Atteinte du syndrome de Münchhausen
L’aînée, Enea, est morte en 2019, à 18 ans, d’une overdose de bêtabloquants cardiaques. La cadette, Luan, aujourd’hui âgée de 22 ans, a survécu.
C'est le père de famille et ex-mari de Maylis Daubon qui l'a accusée d'avoir empoisonné ses enfants. Cette dernière maintient qu’Enea s’est suicidée. Une version soutenue par sa sœur, Luan.
Une psychologue avait également évoqué un possible syndrome de Münchhausen par procuration, qui consiste à rendre malade un enfant pour attirer la compassion.
Falsification d'ordonnances
L'obsession de l'accusée pour les médicaments s'est précisée quand les deux directeurs d'enquête, qui se sont succédé dans ce dossier, ont consulté le dossier de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) d’Enea.
De cette lecture sont ressortis plusieurs chiffres : 147 actes médicaux enregistrés en un an et demi, 190 pages de remboursements, plus de 30 médecins consultés, généralistes et spécialistes, toujours en présence de sa mère.
De plus, l'enquête a révélé qu'en 2019, 59 médicaments différents avaient été prescrits à Enea. Plusieurs ordonnances falsifiées avaient aussi été retrouvées. Sur une période de deux ans, Maylis Daubon a reçu 123 boîtes de somnifères et de propranolol. Or, ces substances n’ont jamais été retrouvées dans ses propres analyses, mais en fortes doses, dans celles d'Enea.