Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) a été rejeté ce vendredi par le Sénat. Le texte, fruit d’un compromis, sera renvoyé à l’Assemblée nationale pour un ultime vote des députés mardi prochain.
Un vote attendu. Ce vendredi, le Sénat a rejeté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), s’opposant au compromis trouvé à l’Assemblée nationale, qui avait adopté le texte mardi dernier. La nouvelle lecture à la chambre haute aura duré moins d'une matinée. Constatant leurs désaccords avec les députés, les sénateurs ont préféré rejeter d'emblée le texte en adoptant une motion de rejet votée avant même de se pencher sur le cœur du projet de loi.
🔴 Rejet du budget de la sécurité sociale pour 2026 : le Sénat a adopté la motion tendant à opposer la question préalable #DirectSénat
182 voix pour ✅
106 voix contre ❌
La question préalable est une motion de procédure permettant au Sénat d'exprimer son opposition à un… pic.twitter.com/qWPNX2dzgE— Sénat (@Senat) December 12, 2025
Ce rejet entraîne la transmission rapide du texte à l'Assemblée, en vue d'une adoption définitive prévue mardi après-midi au terme d'un ultime vote à suspense.
«Ce PLFSS est un échec»
Si l’Assemblée nationale est parvenue à un accord mardi, à la suite notamment du vote des socialistes, d’une partie des Républicains et de l’abstention des Ecologistes, le Sénat, dominé par la droite, a considéré que ce PLFSS était «un échec».
C'est «moins un texte de compromis qu'un texte exprimant un choix politique, celui de faire reposer l'effort de réduction du déficit uniquement sur les recettes», a considéré la sénatrice centriste Elisabeth Doineau, rapporteure générale du budget.
A contrario de l’Assemblée nationale, le Sénat est opposé, notamment, à la suspension de la réforme des retraites, une concession centrale du gouvernement aux socialistes. De quoi faire qualifier par Bruno Retailleau, président des Républicains et ténor de la droite sénatoriale, ce budget de «hold-up fiscal».
«Je veux ici tordre le cou à quelques contrevérités. Ce budget n'est pas un hold-up fiscal», a rétorqué devant le Sénat la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, défendant une copie qui ramène le déficit de la Sécu à 19,4 milliards d'euros en 2026, contre 23 milliards en 2025. Le gouvernement va désormais retenir son souffle pour l'ultime vote des députés mardi, avant de se pencher sur l'autre texte budgétaire, le budget de l'État, examiné au Sénat jusqu'à lundi.