Connue pour avoir abrité certaines des plus grandes organisations mafieuses de France, la Corse a décidé d'agir. Des «cours anti-mafia» vont être mis en place à partir de ce mardi dans ses collèges et ses lycées, afin de sensibiliser la jeunesse.
Un fléau difficile à éradiquer. L'île de Beauté est connue pour avoir vu prospérer certaines des plus grandes organisations mafieuses d'Europe sur ses terres, notamment la Brise de mer dans les années 1980. Une gangrène contre laquelle les instances tentent de lutter par plusieurs moyens, notamment en sensibilisant la jeunesse.
Le rectorat de Corse a décidé d'agir. Préparés depuis de longues semaines, les cours «anti-mafia» vont être lancés dans les collèges et les lycées de Corse. La première expérimentation du «parcours pédagogique de sensibilisation contre les pratiques mafieuses» est prévue pour ce mardi à 9h. Elle sera suivie, à 11h, par une présentation à la presse du programme dans un collège d'Ajaccio, a annoncé l'AFP.
La généralisation de ces séquences pédagogiques se fera, pour les 16.000 élèves insulaires, au printemps prochain, selon France Bleu.
la mafia toujours présente en corse
Si le gang de la Brise de mer est reconnu pour avoir régné sur la Corse pendant de longues années à partir des années 1980, la disparition de la grande majorité de ses fondateurs ne semble pas avoir freiné l'empreinte de la mafia sur l'île de Beauté. En effet, de nouvelles organisations semblent avoir repris le flambeau laissé par leurs prédécesseurs.
D’après une note de la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) consultée par l'AFP et révélée par Le Monde en juin dernier, il existerait 20 équipes criminelles corses articulées en «deux blocs» qui exerceraient une «emprise de type mafieux» en tentant de «dominer les activités légales» les plus fructueuses telles que l’immobilier ou la restauration. Cela toucherait les secteurs politiques, sociaux et économiques de l’île.
Une mainmise dont certains Corses ne veulent plus. En novembre dernier, des manifestations anti-mafia ont eu lieu à Ajaccio et à Bastia. Des banderoles telles que «Assassins, mafieux, dehors» ou encore «A maffia tomba, U silenziu dino» (la mafia tue, le silence aussi, ndlr) avaient été déployées.