A l'approche d'un vaste mouvement de grève prévu début janvier, les médecins libéraux s'organisent. Une plate-forme lancée par un syndicat de jeunes praticiens a déjà recensé plusieurs milliers de grévistes en seulement 24 heures.
A quelques jours d'un appel à la fermeture des cabinets médicaux, la mobilisation des médecins libéraux prend une nouvelle dimension. Un syndicat de jeunes praticiens a lancé une plate-forme pour comptabiliser les grévistes.
Pour rappel, du 5 au 15 janvier, l'ensemble des syndicats de médecins libéraux appellent à stopper leur activité pour protester contre plusieurs mesures du projet de budget de la Sécurité sociale, voté le 16 décembre. Plus largement, ils dénoncent des politiques qui «piétinent» la profession.
Plus de 4.000 déclarations
La plate-forme medecinengreve.fr, mise en ligne ce dimanche, propose aux médecins de se déclarer grévistes en remplissant leur nom, spécialité, code postal et numéro RPPS (répertoire partagé des professionnels de santé). Ces informations, non stockées, permettent «de vérifier qu'il s'agit bien d'un médecin».
Ce lundi après-midi, près de 4.500 médecins se sont déclarés grévistes. Selon des données transmises à l'AFP, les spécialités les plus représentées étaient les généralistes, anesthésistes-réanimateurs et gynécologues-obstréciens.
A noter que tous les médecins se déclarant grévistes ne vont pas forcément fermer leur cabinet. Entre autres «actions de grève», ils peuvent notamment stopper totalement l'activité, réduire leurs consultations aux urgences ou encore mener une «grève administrative», par exemple en refusant de transmettre les feuilles de soin à l'assurance maladie.
Plusieurs réformes contestées
Parmi les principaux motifs de mécontentement figure la possibilité d'imposer des amendes aux médecins ne renseignant pas le dossier médical partagé (DMP) de leurs patients. Les praticiens dénoncent également des dispositions permettant aux autorités de contourner le dialogue social pour baisser unilatéralement les tarifs de certains actes. S'ajoutent à cela une limitation de leurs prescriptions d'arrêts maladie et un texte actuellement examiné au Parlement, susceptible de restreindre leur liberté d'installation.
Dans un communiqué Jeunes médecins Ile-de-France, branche régionale de Jeunes médecins, déplore «qu'à chaque mobilisation, un scandale se répète : les médecins libéraux ne sont jamais comptabilisés dans les chiffres officiels de grévistes» parce que « le système actuel est incapable de les mesurer».