Les syndicats de médecins libéraux entreront en grève à partir de ce lundi 5 janvier pour une durée de dix jours, protestant contre le projet de budget de la Sécu. Ils ont également annoncé plusieurs actions.
Six syndicats de médecins ont déclaré qu'ils étaient toujours opposés au projet de budget de la Sécu, et ils ont dénoncé une politique gouvernementale qui «piétine» leur profession. «Jamais un gouvernement n’avait accumulé autant d’attaques contre la médecine libérale en si peu de temps» ont-ils indiqué.
Les syndicats ont annoncé le 26 novembre dernier leur grève unitaire. Après avoir observé le texte du projet de budget de la Sécu adopté par l’Assemblée, ils ont décidé de maintenir le mouvement. Celui-ci comporte toujours des dispositions qu’ils ont rejetées.
uNE GRÈVE QUI S'ANNONCE TRÈS SUIVIE
Dans le texte figure toujours «l’imposition d’amendes massives aux médecins qui n’utilisent pas le DMP», le dossier médical partagé accessible électroniquement, ainsi que la possible baisse des tarifs de l’Assurance maladie sur les actes techniques.
Les syndicats ont donc décidé d’agir. Médecins pour demain a appelé les cardiologues à la grève de la prise de rendez-vous depuis le début du mois de décembre, grève qui s’étend à tous les médecins à partir de lundi.
Fait rare pour la profession, tous les syndicats représentatifs appellent à stopper l'activité durant dix jours, entre le lundi 5 et le jeudi 15 janvier. Une manifestation est prévue à Paris le samedi 10 janvier à 13h, entre le Panthéon et le ministère de la Santé.
2.000 médecins en route vers Bruxelles
La question des arrêts de travail a été primordiale dans les débats. MG France a déjà annoncé qu'elle saisirait le Conseil de l’Ordre des Médecins, et potentiellement le Conseil constitutionnel, car le projet de loi contreviendrait à la liberté de prescription des médecins. En attendant, le syndicat appelle à insérer dans le motif des arrêts de travail la mention «sous réserve de validation par le médecin conseil».
L’action la plus impactante semble venir d'Avenir Spé, qui a appelé ses praticiens à «s’exiler» à Bruxelles à partir du 11 janvier. Un déplacement symbolique pour «démontrer» les conséquences d'une fuite des médecins à l'étranger. D’après Philippe Cuq, co-président du syndicat, plus de 2.000 médecins se sont inscrits pour bénéficier du transport en bus et des chambres d’hôtels réservées. Leur retour est prévu le mercredi 14 janvier.
Contraints d'assurer la continuité des soins pour les patients déjà hospitalisés, les grévistes comptent «diminuer l'activité» le 5 janvier, pour «s'arrêter totalement» le 10.
Des perturbations importantes
Concrètement, les patients arrivant aux urgences ou à la maternité seront, sauf urgence vitale, «transférés vers l'hôpital public». De son côté, la fédération de l'hospitalisation privée (FHP) prédit une grève «très suivie» avec probablement «80% des blocs opératoires fermés». Du côté des médecins de ville, il reste difficile d'évaluer le nombre de cabinets qui resteront fermés.
Les préfets pourront toutefois réquisitionner des professionnels pour assurer des missions de service public (urgences, maternités...) Les syndicats précisent tout de même que les patientes venues accoucher par exemple, ne seront transférées ailleurs que si leur état le permet.