La très médiatique députée du Rassemblement national Laure Lavalette se lance à la conquête de la mairie de Toulon (Var), où la succession d'Hubert Falco ouvre une fenêtre pour l'extrême droite, qui enregistre des scores très importants dans le Var.
Une opportunité en or pour le RN. Avec un programme axé sur la sécurité et notamment une augmentation concrète des effectifs de police, la députée du Rassemblement national, Laure Lavalette, un des visages médiatiques du parti d’extrême droite, se lance à la conquête de la mairie de Toulon. Elle profite de la succession d’Hubert Falco (LR), condamné à cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, qui laisse derrière lui une grande fenêtre pour le parti à la flamme.
«Je m'appelle Laure, mère de famille de 49 ans et je me présente pour vous servir comme prochain maire de Toulon», commence-t-elle dans une «lettre aux Toulonnais» adressée aux habitants de la commune ce mardi. Sous le slogan «Un avenir pour Toulon», elle se présente en veste blanche sans aucune mention ni référence visible à son parti.
Et pour cause : Laure Lavalette part sans étiquette mais «soutenue par le RN», souligne son entourage qui explique que sur 59 colistiers, 30 ne sont pas encartés. Exit donc la photo de Jordan Bardella qui ornait les tracts des dernières législatives.
De grandes chances de victoire
Le parti, qui a déjà conquis Perpignan et Fréjus sur le pourtour méditerranéen, nourrit dans ce port militaire une forte ambition pour les municipales de mars, depuis qu'Hubert Falco, maire de droite pendant vingt-deux ans, a été démis de ses mandats par la justice après une affaire de détournement de fonds. «On a des grandes chances de victoires. Le Var est patriote», estimait Laure Lavalette il y a quelques semaines.
Aux dernières législatives, le RN a de nouveau réalisé un quasi grand chelem dans le département, remportant sept des huit circonscriptions. Seul raté : la circonscription de Toulon, justement, remportée par un député rallié au macronisme. Pour Laure Lavalette, Hubert Falco a fait «de bonnes choses», notamment en terme de rénovation. Mais pas suffisamment dans les quartiers populaires comme le Pont du Las. Elle en veut pour preuve les «23 kebabs et barbiers à moitié vides» qu'elle explique avoir recensés.
Sur son premier tract, elle souhaite donc «que chaque quartier soit considéré avec le même intérêt et les mêmes moyens», «rétablir la sécurité» dans cette ville réputée calme de 180.000 habitants, avec une «véritable police de proximité», lancer un plan de réfection des trottoirs ou créer des îlots de verdure.
Proximité avec Jordan Bardella et Marine Le Pen
Mère de cinq enfants, Laure Lavalette a commencé à s'imposer sur les plateaux des chaînes d'info en 2022, comme porte-parole de Marine Le Pen à la présidentielle. Décrite comme une «lepéniste tendance sudiste», elle revendique une «vraie proximité avec, à la fois, Jordan et Marine». «Je suis amie avec les deux», répète-t-elle souvent.
Originaire de la région bordelaise, elle n'aime pas qu'on lui rappelle le passé militant de son père au groupuscule nationaliste Ordre Nouveau. «J'ai le droit d'avoir une pensée propre... j'étais déjà déléguée de classe en quatrième, j'aimais la ramener, défendre la veuve et l'orphelin».
Catholique pratiquante qui assume préférer la messe en latin et être opposée au mariage pour tous, elle commence à militer à l'université de droit de Bordeaux, puis se présente, en 1998, aux cantonales à Bègles, fief de l'écologiste Noël Mamère. «J'ai fait 10,33%. A l'époque, c'était fou», commente-t-elle.
Elle se marie à un Toulonnais, et se consacre à sa vie familiale. En 1999, elle suit Bruno Mégret lors de son départ du Front national puis y revient au début des années 2010 et connaît ses premiers mandats de conseillère régionale et municipale. Elue députée de la 2e circonscription du Var en 2022, elle est réélue en 2024 au premier tour.
Un soutien à droite ?
Pour conquérir Toulon, elle affrontera notamment le sénateur LR Michel Bonnus, adoubé par Hubert Falco, qui conserve une influence malgré ses déboires judiciaires. Josée Massi, ancienne première adjointe qui a pris la succession à la mairie, a été plus que contrariée par ce choix et clarifiera ses intentions mi-janvier, selon son entourage.
«Hubert Falco s'est beaucoup sali en traitant très mal Mme Massi... le Var est très sexiste et macho mais là, quand même», a analysé Laure Lavalette. A gauche, l'universitaire Magali Brunel mènera une liste «Toulon en commun».