Le président du RN Jordan Bardella a annoncé jeudi que son parti déposerait deux motions de censure pour protester contre l’accord de libre-échange avec le Mercosur. La première sera déposée à l’Assemblée contre le gouvernement et la seconde au Parlement européen pour contrer la commission Von der Leyen.
L'accord de libre-échange avec le Mercosur n'en finit plus d'alimenter les tensions politiques et sociales en France. Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a annoncé jeudi que son parti déposerait une motion de censure contre le gouvernement Lecornu, malgré le vote «contre» de la France à l'accord commercial avec les pays du Mercosur, y voyant une «mise en scène».
Emmanuel Macron sait que l’accord du Mercosur sera adopté, quoi qu’il arrive et quel que soit le vote de la France.
En prétendant aujourd’hui s’y opposer, après des années de négociations sans jamais défendre les intérêts français, il tente une manœuvre de communication aussi…— Jordan Bardella (@J_Bardella) January 8, 2026
«En prétendant aujourd'hui s'y opposer, après des années de négociations sans jamais défendre les intérêts français, il (Emmanuel Macron, ndlr) tente une manœuvre de communication aussi tardive qu'hypocrite», a écrit Jordan Bardella sur X, dénonçant une «trahison des agriculteurs français».
«Le Rassemblement National engagera donc deux motions de censure: à l'Assemblée nationale contre le gouvernement, au Parlement européen contre la Commission von der Leyen», a-t-il écrit.
Un accord en passe d'être enteriné par l'UE à la majorité qualifiée
Un peu plus tôt, Emmanuel Macron a tranché : malgré les concessions «incontestables» de Bruxelles, la France votera «contre» l'accord commercial avec le Mercosur, un choix qui ne bloquera pas le traité et qui devrait permettre de sauver le gouvernement.
Avec une classe politique hostile et les manifestations d'agriculteurs venus en tracteurs à Paris, la pression était forte contre cet accord de libre-échange sur lequel les Vingt-Sept doivent se prononcer vendredi, pour une signature avec le bloc latino-américain prévue la semaine prochaine.
Face à cette équation, le président de la République, qui évoque un traité «d'un autre âge» à l'impact limité, a fait le calcul politique qu'il valait mieux aller dans le sens des opposants, pour préserver son Premier ministre et lui éviter de chuter avant même d'avoir réussi à faire adopter un budget pour l'année en cours.
Mais la France n'a pas réussi, a priori, a réunir une minorité de blocage, et l'accord devrait donc être entériné par l'UE à la majorité qualifiée. De quoi nourrir les accusations d'impuissance du chef d'Etat, voire d'une entente tacite avec les instances européennes, très favorables au Mercosur qui est aussi plébiscité par l'Allemagne et l'Espagne.