Ce mardi 13 janvier, l'Insee va publier le bilan démographique de l'année 2025. Ce dernier est très attendu, compte tenu que l'organisme avait jugé possible que le nombre de décès puisse dépasser celui des naissances. Il s'agirait ainsi d'une première depuis 1944.
Des chiffres qui seront scrutés. Ce mardi 13 janvier, l'Institut national de la statistique va publier son bilan démographique de l'année 2025. Celui-ci est très attendu, puisque récemment, l'Insee avait jugé «possible» l'hypothèse d'un solde naturel de population négatif, c'est-à-dire, un nombre de décès supérieur aux naissances, ce qui serait une première depuis 1944.
Les chiffres entre janvier et novembre
Dans le détail, entre janvier et novembre, 587.417 personnes sont décédées en France, tandis que 590.281 bébés ont vu le jour sur la même période, selon les derniers chiffres de l'Insee.
Le solde naturel de la population restait donc tout juste positif sur onze mois en 2025 : il y a eu 2.864 personnes en plus. Cependant, un solde négatif sur l'ensemble de l'année était «de l'ordre du possible», avait toutefois indiqué l'Insee à l'AFP en juillet dernier.
Au cours de la dernière décennie, le solde de population s'est drastiquement réduit, passant de + 200.000 personnes en 2015 à seulement + 17.000 personnes en 2024.
Un taux de mortalité en hausse pour les prochaines années
L'Institut constate ainsi une baisse moyenne des naissances depuis plusieurs années (-2,4 % à fin novembre, par rapport à la même période en 2024), en raison de la baisse de la fécondité, soit celle du nombre d'enfants par femme. Celle-ci est liée à de multiples facteurs : difficultés à accéder à un emploi stable, changement d'aspirations, inquiétude au sujet de l'avenir de la planète, problèmes d'infertilité.
En parallèle, le nombre de décès quotidien moyen a augmenté (+ 1,2 % sur les onze premiers mois de 2025, comparé à l'année précédente). Un phénomène qui s'explique par l'arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom.
«Le nombre de décès va encore augmenter de façon certaine» dans les années à venir, souligne auprès de l'AFP, Magali Barbieri, directrice de recherche à l'Institut national d'études démographiques (Ined).
Si le solde naturel ne devient pas négatif en 2025, ce sera certainement le cas l'année suivante : «c'est inéluctable, pour au moins les dix à vingt années à venir», estime la démographe.
Le bilan publié ce mardi permettra donc de lever le suspense sur les chiffres définitifs de l'année.
En 2024, la France faisait encore partie du petit groupe de pays de l'Union européenne qui affichaient un solde naturel de population positif, aux côtés de Chypre, l'Irlande, le Luxembourg, Malte et la Suède, selon Eurostat. Le Danemark était stable, les autres nations avaient un solde négatif.