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Lait infantile : 24 familles attaquent l’État et les industriels en justice après le décès et l'hospitalisation de plusieurs nourrissons

Après l’hospitalisation de plusieurs bébés ayant consommé certains laits infantiles, des familles attaquent l’État et les industriels en justice. [@Bigc Studio/ADOBE]

Après le décès de deux nourrissons et l’hospitalisation de plusieurs dizaines de bébés ayant consommé certains laits infantiles, des familles attaquent l’État et les industriels en justice. Elles demandent à ce que les poudres rappelées soient analysées par un laboratoire indépendant et non par le géant Nestlé, directement concerné par l’affaire. 

Deux mois après le premier rappel des laits infantiles Guigoz, 24 familles ont saisi, ce mardi 10 février, la justice contre l’État et les industriels. Elles dénoncent notamment une mise en danger délibérée de la vie d’autrui, le maintien sur le marché de denrées dangereuses, des blessures involontaires, mais aussi une entrave à la manifestation de la vérité. 

À ce jour, seules deux poudres de lait infantile contaminées par la toxine céréulide ont fait l’objet d’analyses officielles, dans le cadre d’enquêtes pénales ouvertes à Angers et à Bordeaux après le décès de deux nourrissons, rapporte la cellule investigation de Radio France. 

Pourtant, d’autres familles, dont les bébés ont été malades, voire hospitalisés, réclament, elles aussi, des analyses afin d’établir un lien entre l’état de santé de leurs enfants et la consommation de certains laits infantiles. Face à cette impasse, ces 24 familles ont donc décidé de saisir le tribunal judiciaire de Paris. L’avocate des parties civiles a ainsi déposé sa plainte ce jour auprès du pôle santé public de Paris. 

Membres du collectif Intox’Alim, toutes ces familles rapportent des symptômes similaires chez leurs bébés : vomissements, diarrhées, malaises, voire des infections graves ayant, dans certains cas, nécessité une hospitalisation d’urgence. Elles demandent donc que les poudres de lait consommées soient analysées par un laboratoire indépendant. 

Or, selon elles, l’État les renvoie systématiquement vers l’industriel Nestlé pour effectuer ces analyses, une option que les familles refusent. 

«Les fabricants ne doivent pas participer à l’enquête sanitaire» 

Nestlé a pourtant insisté, en adressant des bordereaux d’envoi aux familles concernées afin qu’elles lui retournent les laits suspectés d’être contaminés. Une demande que toutes ont refusée, réaffirmant leur volonté de faire analyser les poudres par un laboratoire indépendant. 

Interrogée par Radio France, Me Nathalie Goutaland, avocate des 24 familles, estime que «cette procédure pose de sérieux problèmes». «En demandant aux parents de renvoyer les poudres à Nestlé, l’industriel se retrouve aux commandes d’une enquête sanitaire qui le concerne directement. Plus troublant encore, cette démarche est encouragée par les autorités», souligne-t-elle. 

Elle en profite pour rappeler que ni le droit européen ni la réglementation française ne prévoient que les fabricants réalisent eux-mêmes les analyses en cas de litige. «Les fabricants ne doivent (...) certainement pas participer à l’enquête sanitaire, et les autorités ne devraient jamais renvoyer les parents d’enfants tombés malades vers eux pour analyser les poudres», martèle l’avocate.  

Notons toutefois que si ce sujet est particulièrement épineux, c’est parce que la France manque de laboratoires indépendants. Seul le laboratoire public de l’Anses est en mesure de détecter et de quantifier la toxine céréulide. Toutefois, ses capacités sont limitées.  

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