Avec 9,4 milliards d’euros versés en 2024, la France reste le premier bénéficiaire de la politique agricole commune (PAC). Mais derrière cette manne européenne, les écarts sont spectaculaires d’un territoire à l’autre. Tour d’horizon des dix départements qui captent le plus d’aides, d’après les dernières données publiques compilées.
Un tiers du budget européen. Depuis 1962, la politique agricole commune (PAC) constitue l’un des piliers financiers de l’Union. Sur la période 2021-2027, elle pèse 386,6 milliards d’euros. En 2024, l’Hexagone en a reçu 9,4 milliards. Reste à savoir où va l’argent.
En compilant les données publiées par l’État sur le site Telepac - obligation faite à chaque pays de rendre publics les bénéficiaires et montants perçus - la carte des aides révèle une France agricole à plusieurs vitesses.
L’Aveyron en tête, l’Île-de-France à la traîne
Avec 287,1 millions d’euros sur l’exercice 2024 (octobre 2023-octobre 2024), l’Aveyron arrive largement en tête. Il devance la Saône-et-Loire (192,5 millions) et les Pyrénées-Atlantiques (191,3 millions). Suivent le Cantal, le Puy-de-Dôme, puis La Réunion, premier département ultramarin du classement, avec 173,4 millions d’euros.
Le top 10 est complété par l’Allier, la Marne, la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire. Tous dépassent les 150 millions d’euros d’aides. Ces territoires cumulent aussi un nombre élevé de bénéficiaires : plus de 8.000 dans les Pyrénées-Atlantiques, plus de 7.000 en Aveyron.
À l’inverse, les départements les plus urbanisés ferment la marche. Les Hauts-de-Seine (664.288 euros), le Val-de-Marne (2 millions) et la Seine-Saint-Denis (2,55 millions) figurent ainsi en bas du classement. Hors Île-de-France, le Territoire de Belfort reste le plus modeste bénéficiaire, avec 6,6 millions d’euros.
Ces écarts s’expliquent d’abord par la surface agricole et la structure des exploitations. Les aides directes - plus des trois quarts des subventions - sont calculées en grande partie à l’hectare ou selon la taille du cheptel. Les grandes exploitations concentrent ainsi une part importante des paiements. La filière bovin-viande, très présente dans le Massif central, demeure l’une des plus soutenues. S’y ajoutent des mécanismes spécifiques, comme l’indemnité compensatoire de handicaps naturels pour les zones de montagne.
À l’horizon 2028, la réforme budgétaire proposée par la Commission européenne pourrait rebattre les cartes. Dans l'intervalle, la géographie des aides continue de dessiner, en creux, celle de la France agricole.