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Bordeaux : un emblématique ex-commissaire et son indicateur au tribunal

Le policier a toujours affirmé que les magistrats étaient au courant de ses méthodes. [JEFF PACHOUD / AFP]

Onze ans après la saisie de sept tonnes de cannabis en plein Paris, l'ex-patron de l'office des «stups» François Thierry et son principal informateur, le trafiquant Sophiane Hambli, comparaissent à partir de ce lundi au tribunal correctionnel de Bordeaux.

Une relation «flic-indic» qui aurait franchi les «limites». Onze ans après la saisie retentissante de sept tonnes de cannabis dans un quartier huppé de Paris, un ancien patron des «stups», le flamboyant commissaire François Thierry, et son principal informateur Sophiane Hambli, trafiquant de très grande envergure actuellement détenu au Maroc, doivent être jugés à partir de ce lundi, devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

Outre le commissaire François Thierry et son «indic» Sophiane Hambli, qui sera probablement absent à l'audience, seize prévenus sont jugés du 2 au 31 mars devant le tribunal correctionnel au terme de cette vaste procédure, qui a mis en lumière les relations troubles entre «flics» et «tontons».

À l'origine du scandale, 7,1 tonnes de résine de cannabis sont découvertes par les douanes en octobre 2015 dans plusieurs fourgonnettes stationnées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris, au pied d'un appartement luxueux loué alors par Sophiane Hambli. 

le plan «Myrmidon» au coeur de l'affaire

Une saisie record mais un gros hic : la drogue provenait d'un chargement de plus d'une dizaine de tonnes importées du Maroc via l'Espagne dans le cadre d'une livraison «surveillée» par les policiers de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), dirigé de 2010 à 2016 par le commissaire divisionnaire François Thierry. 

François Thierry, 58 ans fin mars, avait conçu depuis plusieurs années un plan baptisé «Myrmidon» consistant à laisser entrer la drogue sur le territoire pour la suivre et interpeller les commanditaires, en bénéficiant de renseignements fournis de son «indic». Il est soupçonné d'avoir favorisé l'importation de la drogue sans avoir informé totalement l'autorité judiciaire.

De son côté, le policier a toujours affirmé au contraire que les magistrats étaient au courant de ses méthodes. En 2023, le parquet de Bordeaux avait requis un non-lieu pour le commissaire mais les magistrats instructeurs ont choisi de le renvoyer devant le tribunal pour «complicité» de trafic de stupéfiants et destruction de preuve.

une audience d'un mois

Le rôle joué par Sophiane Hambli sera au cœur des débats : ce trafiquant de haut vol né à Mulhouse, surnommé «La Chimère», est soupçonné d'avoir été «le seul commanditaire» du trafic.

Mais, pour les magistrats instructeurs, les limites ont été «très largement franchies» dans la relation entre François Thierry et son informateur, qui assure pour sa part n'avoir été qu'un «logisticien» dans une opération validée par l'Ocrtis. Récidiviste, il encourt 20 ans de prison.

Ce quinquagénaire, qui purge déjà une trentaine d'années de prison au Maroc, devrait être absent à l'audience malgré une demande de remise temporaire adressée aux autorités de ce pays, a indiqué son avocate Me Julie Elduayen, qui sollicitera un renvoi le concernant, rapporte l'AFP.

Le procès s'annonce particulièrement important avec un mois d'audience prévue, et 70 tomes de procédure abordés. 

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