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Journée des droits des femmes : quelles sont les mesures réclamées par le mouvement féministe ?

Le ministère de l'Intérieur a recensé 107 féminicides commis en France en 2024. [FRANCOIS GUILLOT / AFP]

A l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes célébrée ce dimanche 8 mars, plusieurs rassemblements sont organisés aux quatre coins de la France afin de militer contre les inégalités qui touchent bon nombre de secteurs fondamentaux de la société.

Une forte journée de mobilisation en perspective. De grands rassemblements sont organisés dans les plus grandes villes françaises ce dimanche à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

La CGT prévoit notamment la mise en place d’un village féministe situé sur la place de Stalingrad à Paris entre 11h et 14h, avant un départ du cortège prévu à 14h.

L’inter-organisation féministe rennaise, notamment portée par le collectif NousToutes35, appelle à la grève générale féministe à Rennes ce dimanche, selon Ouest-France. Une Zone d’occupation féministe (ZOF) se tiendra sur le mail François-Mitterrand entre 11h et 15h avant le départ du cortège annoncé à 15h.

Les inégalités salariales au cœur de la lutte

La CGT souligne dans son tract pour la manifestation du 8-Mars les inégalités salariales importantes constatées en France entre les hommes et les femmes. L’organisation a souligné le fait que «les femmes gagnent en moyenne 22% de moins que les hommes».

Parmi les autres chiffres marquants à ce sujet, les femmes représentent 62% des personnes payées au SMIC et 70 % des bénéficiaires des banques alimentaires.

«Les femmes, notamment les mères isolées, sont particulièrement impactées par la vie chère. Elles sont majoritaires à occuper des emplois mal rémunérés, sont souvent percutées par la précarité et le temps partiel imposé et touchent un salaire en moyenne un quart inférieur à celui des hommes. Les femmes, dont les retraites sont 40% inférieures à celles des hommes, sont encore plus impactées par la dernière réforme», a listé le collectif Grève féministe.

Ce dernier fait ainsi part de ses revendications en la matière, à savoir «la retraite à 60 ans, une réduction du nombre d’annuités et des pensions décentes».

Le lourd fardeau du travail domestique

Les associations féministes mettent en avant le poids du travail domestique pour les femmes, militant ainsi pour une meilleure répartition des tâches entre les hommes et les femmes dans le cerclé privé.

Le collectif Grève féministe met en avant quelques statistiques en la matière, comme le fait que 80 % des femmes consacrent au moins une heure par jour à la cuisine ou au ménage contre seulement 36 % des hommes. Dans la même lignée, 63 % des personnes qui s’occupent tous les jours d’enfants, de personnes âgées ou handicapées de manière informelle sont des femmes.

La lutte contre les violences conjugales comme thématique centrale

Le mouvement féministe met également l’accent sur les violences conjugales, qui ont notamment conduit à 107 féminicides en France en 2024 selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur.

Près d’une femme sur trois est victime de violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie (OMS), soit environ 840 millions de femmes dans le monde. Face à ce constat, Grève féministe exige «une loi-cadre intégrale qui mette en avant prévention, éducation, protection, accompagnement, sanction et garantisse les moyens pour la prise en charge de l’ensemble des victimes, femmes, enfants et minorités de genre».

Plus largement, les associations féministes ont milité pour «l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes» et la réouverture de tous les centres d’interruption volontaire de grossesse (IVG). A l’échelle mondiale, 47.000 femmes meurent chaque année d’un avortement clandestin.

Des syndicats et associations demandent l’interdiction de Némésis

Des syndicats et associations ont demandé jeudi dans une lettre adressée au ministre de l’intérieur l’interdiction de la présence du collectif identitaire Némésis dans les manifestations du 8-Mars.

Les signataires de cette lettre ouverte – la CGT, la CFDT, l’UNSA, Solidaires, la FSU, le Planning familial ou encore Osez le féminisme – ont demandé à Laurent Nuñez «de prévenir tout incident violent en interdisant la présence de Némésis dans et aux abords de leurs manifestations».

Ce collectif «ne partage absolument pas les revendications du mouvement féministe, notamment en matière de droit à l’avortement» et «cherche à instrumentaliser la mobilisation des femmes au service d’objectifs racistes», selon le communiqué.

«Nous avons condamné le drame de Lyon et nous souhaitons que les manifestations féministes du 8 mars puissent se tenir sereinement», ponctue l’écrit transféré au ministère de l’Intérieur.

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