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Guerre en Iran : qu'est-ce que le piège de Thucydide, vieux de 2.500 ans, qui aurait été tendu à la République islamique ?

L'un des objectifs autoproclamés de Donald Trump est de stopper l'Iran dans sa quête de l'arme nucléaire. [REUTERS/Nathan Howard/File Photo]

Le piège de Thucydide pourrait être à l'origine du déclenchement de la guerre en Iran par les Etats-Unis. Grâce à cette stratégie vieille de 2.500 ans, le pays dirigé par Donald Trump pourrait tenter de freiner les velléités iraniennes au niveau nucléaire mais également de ralentir la montée en puissance de la Chine. 

Les Etats-Unis à la manœuvre en s'inspirant d'une tactique vieille de deux millénaires ? Les Etats-Unis de Donald Trump ont déclenché la guerre en Iran en attaquant le pays du Moyen-Orient, conjointement avec Israël, ce samedi 28 février. Les raisons derrière cette offensive sont multiples mais l'un des objectifs autoproclamés de Donald Trump est de stopper l'Iran dans sa quête de l'arme nucléaire. Une acquisition qui permettrait à l'Iran de prendre un poids certain sur la scène internationale. 

Face à cette possibilité, les Etats-Unis ont décidé de déclencher une guerre «préventive» afin de couper l'herbe sous le pied des Iraniens et de ne pas les laisser se concentrer sur l'enrichissement de l'uranium, qui pourrait leur permettre d'acquérir l'arme nucléaire. Cette situation n'est pas nouvelle et elle porte même un nom : le piège de Thucydide. 

Crée par le politologue américain Graham Allison dans les années 2010, «le piège de Thucydide» remonte pourtant à 2.500 ans. En effet, l'origine de cette stratégie remonte au déclenchement de la guerre du Péloponnèse en 431 avant J.C. À l'époque, selon l'historien Thucydide, la raison de cette guerre résidait dans la peur des Spartiates que les Athéniens ne deviennent trop puissants en temps de paix. Ainsi, lorsqu'une superpuissance déclenche une guerre pour freiner la montée en puissance d'un pays émergent, on parle d'un «piège de Thucydide». 

Une stratégie qui semble pouvoir être transposée à la situation entre les Etats-Unis et l'Iran mais pas seulement. Les agissements de Donald Trump et des Etats-Unis depuis quelques mois pourraient viser un autre pays, plus puissant que l'Iran, à savoir la Chine

la chine dans le viseur de donald Trump ?

Après s'être lancé dans une guerre commerciale avec la Chine en avril 2025 en annonçant de nouveaux frais de douane conduisant à un minimum de 145% de taxe douanière imposées sur les produits chinois aux États-Unis et de 125% sur les biens américains exportés en Chine, Donald Trump aurait-il en tête de mettre des bâtons dans les roues de la Chine afin de freiner sa montée en puissance ? C'est une hypothèse qui découle des dernières décisions du président américain.  

En effet, début janvier, Donald Trump s'est attaqué au Venezuela en capturant son président Nicolás Maduro. Une prise qui a permis aux Etats-Unis de reprendre la main sur le pétrole vénézuélien et mettant ainsi la Chine dans une position délicate. Depuis de nombreuses années, la relation de l'Empire du Milieu avec Caracas était prolifique d'un point de vue commercial, faisant de la Chine le premier acheteur de l'or noir vénézuélien. 

Face aux sanctions américaines infligées au Venezuela, les investissements chinois sur place pourraient être mis au second plan : «Tout successeur de Maduro cherchera probablement le soutien de Washington pour assurer sa survie politique, et cela se fera au détriment des intérêts chinois existants», avait déclaré Xu Tianchen, analyste de l'Economist Intelligence Unit, au South China Morning Post.

une guerre en iran pour envoyer un message à la chine ?

Un autre pays est connu pour fournir du pétrole à la Chine : l'Iran. Depuis dix ans, la relation commerciale entre la Chine et l'Iran a pris de l'ampleur. Dans un premier temps avec la visite de Xi Jinping à Téhéran en 2016, puis dans un second temps avec la signature d'un partenariat stratégique de 25 ans en 2021. Un accord dans lequel la Chine promettait d'investir 400 milliards de dollars (345 milliards d'euros) en Iran sur 25 ans en échange d'un approvisionnement du pétrole iranien. 

Depuis les frappes américano-israéliennes sur le pays, une grande partie du Moyen-Orient est touchée puisque les Iraniens ont riposté en visant notamment des bases américaines dans des pays du Golfe. Le détroit d'Ormuz est actuellement bloqué, et c'est une très mauvaise nouvelle pour la Chine qui dépend à près de 50 % des pays du Golfe pour son approvisionnement d'or noir : «Les Chinois ont à peu près 45 % de leur approvisionnement en pétrole qui provient des pays du Golfe et l’Iran représente 12 % du total du pétrole chinois. C’est absolument significatif», a expliqué Theo Nencini, chercheur doctorant à Sciences Po Grenoble à Public Sénat.

Alors derrière ces attaques, les Etats-Unis tentent-ils de piéger la Chine avec ce qui s'apparente à la stratégie évoquée par Thucydide il y a 2.500 ans ? C'est impossible de l'affirmer à l'heure actuelle mais l'hypothèse est envisageable d’après le spécialiste de la zone Pierre Razoux, auditionné par la commission des affaires étrangères du Sénat le 4 mars dernier : «Cela peut être un moyen de leur dire : "On contrôle le pétrole du Venezuela, qui représente 4 à 5 % des importations chinoises et maintenant le pétrole de l’Iran, qui en représente 12 à 13 %. Si on détruit les infrastructures pétrolières iraniennes, ce n’est plus dans la balance de la négociation, mais si on le maintient, on peut négocier"», a-t-il déclaré. 

Lors d'un discours en marge du Conseil de la paix à Washington le 19 février dernier, Donald Trump a déclaré avoir une «très bonne relation avec le président Xi» et a confirmé qu'il voyagerait en Chine au cours du mois d'avril. Une rencontre, entre les deux chefs d'Etat des deux plus grandes puissances économiques au monde, qui sera particulièrement intéressante à suivre au regard de la dynamique actuelle.

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