Il y a tout juste un mois, Quentin Deranque était passé à tabac dans les rues de Lyon. Deux jours plus tard, le 14 février 2026, le jeune homme de 23 ans succombait à ses blessures, suscitant de vifs débats dans le pays. Mais où en est l'enquête à ce stade ?
Une enquête qui a bien avancé. Il y a un mois, le 12 février 2026, le jeune militant Quentin Deranque a été passé à tabac à Lyon en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po. Alors qu'il était sur place pour assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis, le jeune homme de 23 ans a été frappé au sol par plusieurs personnes encagoulées. Souffrant d'un grave traumatisme crânien, Quentin Deranque est décédé deux jours plus tard à l'hôpital. A ce jour, où en est l'enquête autour de sa mort ?
Plusieurs personnes ont été arrêtées depuis le début de l'enquête. Dans un premier temps, les 17 et 18 février, onze personnes avaient été interpellées dans plusieurs départements, dont sept soupçonnées d'avoir participé aux violences entraînant la mort de Quentin. Elles ont ensuite été écrouées.
Neuf personnes en détention provisoire
Puis, le vendredi 6 mars, deux hommes d'une vingtaine d'années ont été mis en examen dans le cadre de l'enquête, portant à neuf le nombre de suspects mis en examen et placés en détention provisoire dans cette enquête. Ils avaient été arrêtés deux jours plus tôt dans la région lyonnaise et dans l'Aube : «On pense désormais avoir tous ceux qui ont participé directement aux coups portés à Quentin Deranque», avait alors précisé une source policière à l'AFP, à la suite de ces deux mises en examen.
Lors des différentes auditions des suspects tout au long de l'enquête, quelques-uns ont reconnu avoir frappé Quentin Deranque ou «d'autres victimes», mais tous nient avoir eu l'intention de le tuer, selon le procureur de Lyon.
Âgés de 20 à 26 ans, ils sont, selon une source proche du dossier, «connus pour être soit membres, soit proches» de la Jeune Garde Antifasciste, un mouvement d'ultragauche fondé en 2018 à Lyon par le député LFI Raphaël Arnault et dissous en juin 2025.
Les parents de Quentin sont brisés et le traitement médiatique de l'affaire ne leur permet pas de faire leur deuil, à en croire les déclarations de leur avocat Fabien Rajon pointant «les atteintes quotidiennes à la réputation de leur fils, leur nom jeté en pâture, le harcèlement de certains médias dont les prétendues "enquêtes" ne visent qu’à salir sa mémoire», dans une interview au Figaro.
Le pénaliste a également égratigné les «politiques qui ont maintenant l’indécence de faire le procès de Quentin» en le désignant comme un violent «gros bras d’extrême droite». «Après le lynchage physique de Quentin, voici donc le lynchage de sa mémoire», a-t-il ajouté.