Particularité du scrutin des élections municipales en France, plusieurs listes peuvent fusionner en prévision du second tour. Deux choix s’offrent alors aux partis, soit une fusion programmatique, soit une fusion technique.
Il va falloir négocier fort. Après ce premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars, dans les communes où plusieurs listes se seront qualifiées au second tour, il sera possible d'organiser des fusions. Comme son nom l'indique, une liste ayant obtenu au moins 5 % des voix peut fusionner avec une liste «qualifiée», ayant fait plus de 10 %, unissant leurs forces pour le second tour.
Deux voies pour un même objectif
Une fusion dite «technique» ne débouche pas forcément sur une gestion commune des villes en cas de victoire. Dans celle-ci, la liste qui accepte de se désister au profit d’une autre négocie l'obtention de postes au sein du conseil municipal, en échange de son aide à la victoire. Cela permet d’obtenir des sièges tout en conservant ses propres décisions de votes, voire même en rejoignant l’opposition. Le nombre de places cédées est à négocier entre les partis concernés.
L’autre possibilité est une fusion dite «programmatique». Dans ce cas de figure, les listes s’entendent sur un programme commun, avant de le défendre ensemble dans le futur conseil municipal. Le programme de la tête de liste fait donc des concessions à son ancien adversaire pour s’assurer son soutien. Reste à discuter des postes de conseillers et d’adjoints à la mairie.
Les fusions et les alliances seront comme à chaque élection primordiales, et pourraient changer beaucoup de résultats. Selon une enquête Ipsos-BVA-Cesi, 38 % des sympathisants de droite sont favorables à une fusion peu importe le second tour, 59 % pour éviter une victoire de la gauche et 79 % contre une victoire de La France insoumise. Du côté des sympathisants de gauche, 36 % d’entre eux accepteraient une fusion dans tous les cas, 69 % face à la droite ou l’extrême-droite, et 84 % uniquement pour éviter une victoire du RN.