Le Conseil de Paris a adopté ce mardi le plan d'action à 20 millions d'euros du nouveau maire Emmanuel Grégoire destiné à protéger les enfants dans le périscolaire, éclaboussé par des affaires de violences sexuelles sur mineurs à répétition.
La priorité absolue du début de mandat d’Emmanuel Grégoire. Ce mardi, lors du Conseil de Paris, le plan d'action de 20 millions d'euros du nouveau maire visant à protéger les enfants dans le périscolaire a été voté.
Celui-ci sera le garant d’une transparence totale envers les familles, a assuré l'édile. Il succède au plan mis en place par la ville de Paris en automne dernier, jugé largement insuffisant. La suppression du poste de défenseur des enfants créé par Anne Hidalgo en décembre dernier a également été prononcée.
Concrètement, Emmanuel Grégoire, promet de communiquer «chaque trimestre les statistiques et le nombre de suspensions d'animateurs», dont les collectifs de parents d'élèves ont aujourd’hui difficilement accès. Il assure également qu’un livret d’accueil et des réunions de rentrée périscolaire seront mis en place dans chaque école.
«Il y a eu du silence»
Une commission indépendante pour établir un état des lieux complet et des préconisations sera également instaurée. «Je m'engage à ce que l'intégralité des conclusions des enquêtes administratives, quand il y a eu un signalement, soient restituées aux familles concernées», a assuré le maire.
Comme le demandait le collectif SOS Périscolaire, une chaine de signalement «simple, accessible et identifiée» sera aussi déployée. «C'est un début, certaines de nos propositions ont été reprises. Mais il manque de mesures d'urgence pour transformer l'essai», a affirmé auprès de l'AFP Barka Zerouali, cofondatrice du collectif #MeTooEcole. De leur côté, les parents pourront également saisir directement une cellule d’écoute et de signalement. Tout animateur sera suspendu «au moindre soupçon», précise Emmanuel Grégoire.
En plus des mesures annoncées et des formations de prévention aux violences faites aux mineurs, une convention citoyenne sera organisée en avril prochain pour réfléchir à l'organisation de la semaine d’école, qui compte aujourd’hui 4,5 journées. «Cette organisation ne peut pas se faire au détriment de la sécurité des enfants, et le morcellement des temps a montré ses limites», a estimé Emmanuel Grégoire. Les résultats seront rendus en juin prochain.
78 animateurs suspendus en 2026
Sur l’année 2025, ce ne sont pas moins de trente animateurs périscolaires qui ont été suspendus à Paris. Seize d’entre eux l'ont été pour suspicions de faits à caractère sexuel. En 2026, le constat est tout aussi alarmant. 78 animateurs ont été suspendus, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles.
«S'il y a eu une erreur collective, celle-ci a été de prendre ces affaires comme des cas isolés là où ils traduisent un risque systémique et peut-être même une omerta systémique», déplore le nouveau maire.