Alors que la guerre en Iran continue de faire rage, ses effets se font sentir sur les prix. L’inflation est là et en première ligne, les professionnels parmi lesquels les commerçants des marchés, souvent oubliés, mais fortement impactés.
Si la guerre en Iran peut sembler lointaine, ses effets se font pourtant bien sentir en France. Parmi les professions les plus impactées, figurent notamment les commerçants des marchés. On ne pense pas forcément à ces deniers et pourtant, la hausse des prix de l’énergie, notamment du gaz et des carburants, pèse lourd.
Elle affecte à la fois les déplacements quotidiens des vendeurs, mais aussi la chaîne du froid nécessaire à la conservation des aliments sur les étals. Autant de coûts en hausse, avec des répercussions directes sur les prix des produits.
«On fait à peu près 50 km par jour. (…) On a de gros camions qui consomment beaucoup. Cela nous fait environ 20 € de plus à chaque plein», a confié au micro de CNews Christine Gache, charcutière-traiteure. De son côté, l’un de ses collègues, Quentin Sanson, poissonnier, explique : «Avant, je mettais environ 150 € d’essence par mois. Maintenant, c’est plutôt 200, voire 250 €. C’est aberrant.»
Pour rappel, en France, les prix à la consommation ont augmenté de 1,7 % sur un an en mars, selon les données publiées par l'Insee le 31 mars dernier, soit une hausse de 0,8 point par rapport à février. Une progression qui s’explique notamment par l’augmentation des prix de l’énergie, en particulier des produits pétroliers, en hausse de 7,3 % sur un an.
Baisser leurs marges
Alors, comment les professionnels des marchés peuvent éviter de répercuter la hausse des prix de l'énergie sur leurs clients ? Plusieurs solutions s’offrent à eux, notamment celle de rogner sur leurs marges, au prix d’un impact direct sur leur activité.
«On travaille avec des marges un peu plus faibles», confie Tatiana Cozzo, poissonnière. «On prévient les clients pour qu’ils comprennent. Certains ne sont pas contents, d’autres comprennent. Mais c’est comme ça, on ne peut rien y faire.»
Un autre poissonnier a, de son côté, trouvé une alternative : mettre en avant des produits moins onéreux, achetés à moindre coût, afin de limiter l’impact sur ses marges. «On propose des produits à bas prix, que l’on valorise sur nos étals», explique Fawze Sannier, poissonnier et Meilleur ouvrier de France 2023. «Je pense que c’est dans les moments difficiles que l’on trouve aussi des solutions.»
Toutefois ces solutions restent temporaires et l’inquiétude augmente parmi les vendeurs. En effet, selon l’Insee, la France devrait connaître «un net regain d’inflation» qui «franchirait les 2% au cours du printemps».
Les professionnels des marchés espèrent donc que le gouvernement mettra en place des mesures d’aide ciblées, comme cela est le cas pour les professionnels du transport. Sébastien Lecornu devrait d'ailleurs annoncer de nouvelles mesures en début de semaine, reste donc à savoir qui sera concerné.