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Loi sur le 1er-Mai : «Capitulations à répétition», «absurdité technocratique»... Le centre et la droite fustigent la décision du gouvernement

Gabriel Attal et Bruno Retailleau, deux anciens ministres d'Emmanuel Macron, ont fustigé le rétropédalage du gouvernement sur le 1er-Mai. [STEPHANE DE SAKUTIN / JULIEN DE ROSA / AFP ]

Le 1er-Mai est le «seul jour férié, chômé et payé», et ce principe «doit continuer», a annoncé lundi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, promettant néanmoins de revenir sur le sujet avant mai 2027. Ce rétropédalage du gouvernement a été salué par la gauche mais vivement critiqué par le centre et la droite. 

Un recul de l'exécutif qui divise la classe politique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a «décidé de ne pas demander la convocation de la commission mixte paritaire» qui devait reprendre le texte sur le travail le 1er-Mai, selon une annonce faite ce lundi par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou après une réunion avec les syndicats. 

«C'est la journée des travailleurs et des travailleuses, c'est le seul jour férié, chômé et payé. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles», a-t-il estimé. «Le gouvernement est conscient de la sensibilité particulière de ce sujet», a ajouté Jean-Pierre Farandou, affichant l'objectif de trouver une réponse «avant le 1er mai 2027 à l'insécurité juridique actuelle».

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a souligné l'importance d'un «dialogue social approfondi avec les partenaires sociaux sur le périmètre des activités et commerces concernés par un travail le 1er Mai».

«Le gouvernement fera des propositions - de court et moyen terme - pour ces commerçants de proximité en lien avec les partenaires sociaux (...) Les professions concernées seront reçues à Matignon dès cette semaine», a annoncé ce dernier sur X. 

Vivement dénoncée par les syndicats, la proposition de loi sur le 1er-Mai devait permettre d'autoriser le travail de salariés dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres).

«Absurdité politique et technocratique»

Fer de lance de la proposition de loi proposée la semaine dernière par le groupe Ensemble pour la République (Renaissance), Gabriel Attal a regretté ce lundi soir sur X le fait que «cet engagement pris par le gouvernement ne sera pas tenu».

«Il faudra revenir sur les causes profondes de l'absurdité politique et technocratique de cette situation, et sur ce que ce débat dit des blocages qui entravent notre pays», a ajouté l’ancien Premier ministre.

Le président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, a critiqué le manque de «courage politique» et les «capitulations à répétition» du gouvernement «face aux pressions syndicales et de la gauche».

«Le gouvernement renonce à convoquer la CMP sur le travail le 1er-Mai. Une fois de plus, face aux pressions syndicales et de la gauche, l’exécutif recule. La France a besoin de courage politique, pas de capitulations à répétition», a regretté l’ancien ministre de l’Intérieur.

LFI et les syndicats crient «victoire»

Le coordinateur national de La France Insoumise, Manuel Bompard, a crié «victoire» après cette annonce faite par l’exécutif.

Il a été rejoint dans cette euphorie par Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, assurant que «le gouvernement est obligé de renoncer au passage en force» en raison de la «menace de censure» et de «la mobilisation de tous les syndicats».

La leader de la CGT, Sophie Binet, s'est réjouie que le ministre «ait entendu les alertes des organisations syndicales».

«Ce 1er mai sera complètement classique», s'est félicité Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint de la CFDT.

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