Des policiers de la brigade financière se sont rendus à l'Elysée pour une perquisition ce mardi dans le cadre d'une enquête en lien avec l'attribution d'un marché. Les enquêteurs ont vu l'accès au palais présidentiel leur être refusé.
Refus d'entrer. Alors que des policiers de la brigade financière se sont présentés à l'Elysée ce mardi 14 avril, dans la matinée, pour une perquisition, ils n'ont pas été autorisés à pénétrer au sein du palais. Les enquêteurs souhaitaient en savoir plus à propos des conditions d'attribution des cérémonies d'entrée au Panthéon.
Ils se sont vu opposer le fait que l'article 67 de la Constitution entraînait «l'inviolabilité des locaux rattachés à la présidence de la République», a-t-il précisé dans un communiqué.
«Des enquêteurs se sont présentés ce matin à la présidence de la République», a confirmé l'Elysée, assurant qu'il leur avait été indiqué que «les documents des agents de l’Élysée, détachables de l'activité du chef de l’Etat, et ainsi communicables, leur seraient transmis sur demande».
2 millions d'euros par panthéonisation
Ces opérations s'inscrivent dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en octobre 2025 pour «favoritisme, prise illégale d’intérêt, corruption et trafic d’influence». Elle vise «notamment les conditions d’attribution de certains marchés publics relatifs à l’organisation de cérémonies de panthéonisation par le Centre des monuments nationaux (CMN)», a poursuivi le procureur.
Dans le cadre de son enquête, la justice cherche à déterminer si l’entreprise d’événementiel privée Shortcut Events a «bénéficié de soutiens miraculeux de la part du Centre des musées nationaux, du ministère de la Culture, voire de l’Élysée» dans l'obtention de chaque cérémonie de panthéonisation entre 2002 et 2024, notamment à l’occasion de l’hommage à Mélinée et Missak Manouchian, ainsi qu’aux martyrs de l’Affiche rouge, a rapporté le Canard enchaîné, plus tôt ce mardi
Chaque panthéonisation a été facturée à l'Etat «autour de 2 millions d'euros», estime l'hebdomadaire satirique.
Selon l'article 67 de la Constitution, le président de la République n'est, en règle générale, pas responsable des actes accomplis en cette qualité. Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner ni faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction ou de poursuite.