Le quartier Pablo Picasso à Nanterre est gravement touché par le trafic de stupéfiants. Malgré des patrouilles quotidiennes, la police n'arrive pas à endiguer ce fléau.
Un trafic qui gangrène la ville. Dans le quartier Pablo Picasso à Nanterre, il faut montrer patte blanche pour approcher les «tours Aillaud», également appelées «tours Nuages». Plusieurs jeunes individus, portant des vêtements noirs, des lunettes de soleil ou encore des masques chirurgicaux filtrent, voire contrôlent les allées et venues des non-riverains.
Désespérée par ces conditions de vie dégradées, une Nanterrienne, interrogée par CNEWS, refuse même que ses proches viennent lui rendre visite, pour sa sécurité : «Je voudrais retrouver la tranquillité, comme avant. Il faut la sécurité ici, il faut la sécurité pour ces jeunes. Les pauvres jeunes, c'est leur travail, ils ne changent pas et resteront comme ça».
l'architecture du quartier pose problème
Pour lutter contre le trafic de drogue, les policiers effectuent de nombreuses patrouilles quotidiennes mais le quartier Pablo Picasso présente un urbanisme défavorable aux interventions policières : «C'est une cité qui est un peu comme un labyrinthe. Les collègues l'appellent souvent "le gruyère" parce qu'il y a beaucoup d'entrées et beaucoup de sorties. Les accès aux caves sont assez faciles», a déclaré Syrine Sedki, déléguée du syndicat Alliance Police nationale, à notre micro.
«Le trafic se fait essentiellement au niveau des entrées des immeubles. Nous n'avons pas énormément d'effectifs. A la BST (Brigade spécialisée de terrain) locale, ils font ce qu'ils peuvent mais ils ne sont que 22 donc c'est compliqué pour eux», a-t-elle ajouté.
Selon le syndicat Alliance Police nationale, en neuf ans, le trafic de stupéfiants a augmenté de 102 % à Nanterre.
Ce jeudi, Bruno Retailleau se rend à Nanterre, au cœur du quartier Pablo Picasso. Il y réunira notamment des policiers nationaux issus des syndicats. Un déplacement nommé «état d'urgence anti-trafics».