Des troubles psychiatriques, des tentatives de suicide et une demande d’aide, le frère du suspect dans l'affaire de la tentative d’assassinat d’une lycéenne poignardée au sein du lycée polyvalent Joubert – Émilien-Maillard, à Ancenis-Saint-Géréon près de Nantes (Loire-Atlantique), a dressé le portrait d’un adolescent perturbé.
Un témoignage poignant. Dans un entretien accordé à Ouest-France, le frère du suspect de 15 ans de la tentative d’assassinat d’une lycéenne poignardée au sein d’un lycée près de Nantes (Loire-Atlantique) le 10 avril dernier a relaté les différents appels à l’aide de sa famille.
Âgé de 25 ans et habitant en Mayenne, le jeune homme a indiqué que l’acte de son «petit frère» était «injustifiable». Toutefois, il a confié l’état de «détresse psychologique» dans lequel il se trouvait et les demandes répétées d’aides formulées par sa mère.
Une détresse qui a commencé tôt puisqu’à l’âge de 10 ans, le suspect a fait face à la mort brutale de son père, qui était gendarme. En effet, ce dernier s’est suicidé en 2020 dans leur logement de fonction à Versailles (Yvelines).
«Ça nous a tous fragilisés (…) Mon frère, lui, avait 10 ans quand c’est arrivé. C’était un enfant, il a grandi avec ça», a déclaré le jeune homme de 25 ans qui était dans l’armée à l’époque et qui, traumatisé par la mort de son père, a quitté les armes.
Plusieurs demandes d’aide
«C’est lui qui tenait l’arme, mais des professionnels de santé auraient pu le désarmer avant les faits du 10 avril», a-t-il estimé, rappelant que sa mère a demandé à plusieurs reprises de l’aide.
«On en veut un peu à l’hôpital» car l’adolescent a déjà fait «deux tentatives de suicide» et que sa mère «avait demandé qu’il soit pris en charge, hospitalisé en psychiatrie, soigné.»
Trois semaines avant les faits, le jeune garçon avait disparu avant d'être découvert par les gendarmes au bord d’une voie ferrée et là encore «il n’est resté que quelques heures aux urgences».
«Il y a eu un manque d’écoute, de prise en compte d’une situation (…). C’est choquant. À croire qu’on attend toujours qu’il y ait un drame», a déploré ce frère aîné très marqué par l’acte de son benjamin.
«J’ai mis quelque temps à réaliser. Je le vois comme un petit garçon. Pour nous, c’est difficile de le voir comme un criminel quand on se dit que ça aurait pu être évité», a-t-il conclu, indiquant penser à la famille de la jeune fille attaquée.
Pour rappel, le 10 avril dernier, une adolescente de 15 ans, scolarisée en seconde au sein du lycée polyvalent Joubert – Émilien-Maillard, à Ancenis-Saint-Géréon, a été poignardée à trois reprises par le suspect. Grièvement blessée, elle est aujourd’hui hors de danger. De son côté, le jeune homme a été mis en examen pour tentative d’assassinat et écroué.