Après le retrait de la loi Yadan, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations Aurore Bergé a convié ce mardi les présidents de groupes parlementaires à une réunion pour plancher sur un futur projet de loi contre l'antisémitisme. Tous les partis ont répondu présent.
En finir avec le camouflet de la loi Yadan. Voilà sûrement l'ambition d'Aurore Bergé et d'un gouvernement qui souhaitent tourner au plus vite la page d'une semaine agitée. La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations reçoit ce mardi les chefs de groupes parlementaires. L’objectif : jeter les bases d’un nouveau projet de loi contre l'antisémitisme, cette fois porté directement par le gouvernement.
Pas question pour la majorité de rendre une copie conforme de la loi Yadan. La proposition de loi portée par la députée apparentée macroniste, visant à lutter «contre les formes renouvelées de l’antisémitisme», avait suscité de vives critiques avant d’être retirée mi-avril par les députés Renaissance.
Aurore Bergé a insisté sur la volonté de l’exécutif de bâtir «une nouvelle loi», qui ne se limiterait pas aux travaux parlementaires antérieurs. Le calendrier se veut rapide : une présentation en Conseil des ministres avant l’été, pour une première lecture au Sénat avant la pause estivale des travaux parlementaires.
Tous les partis présents, y compris LFI
Aurore Bergé avait indiqué sur France 3 que tous les partis avaient répondu présent «sauf La France insoumise», qui «refuse de venir». Cela «n'étonne absolument personne aujourd'hui dans notre pays au regard de la stratégie électorale» de LFI.
Après avoir envisagé de boycotter la réunion, la cheffe de file des députés insoumis Mathilde Panot a finalement annoncé dimanche que son groupe y prendrait part. «On va y aller parce qu’on a des choses à dire», a-t-elle déclaré sur France info.
Mais «si l’objet, c’est de faire une loi Yadan bis, c’est-à-dire d’assimiler la critique du gouvernement israélien avec de l’antisémitisme, alors nous combattrons de toutes nos forces cette loi», a-t-elle ajouté.