Dans les colonnes du JDD, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a présenté ses mesures pour mieux protéger les enfants dans le périscolaire. Il a également annoncé d'autres initiatives sur le narcotrafic ou l'immigration.
«La parole de l'enfant est peu écoutée et les règles imposées aux personnes qui s'en occupent sont peu nombreuses». C'est le constat que dresse le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, face au scandale du périscolaire, dans les colonnes du JDD, ce dimanche 24 mai.
Il appelle à un sursaut de l'ensemble du monde judiciaire, pour changer les choses : «J'ai adressé cette semaine une nouvelle circulaire demandant à ce que chaque signalement de maltraitance obtienne systématiquement un retour. Les parquets ont pour consigne de répondre pour lever le doute. Notre mobilisation va devenir générale.»
Des peines plus lourdes pour les auteurs «de viols sériels»
Pour renforcer les contrôles, Gérald Darmanin a annoncé que les casiers judiciaires des animateurs allaient être systématiquement vérifiés et les effectifs de la justice allaient être renforcés : «Nous allons installer un procureur spécialisé chargé des mineurs victimes dans chaque parquet (...) Je vais mettre en place un plan Marshall pour recruter davantage d'experts, qui manquent pour poursuivre les enquêtes.»
Le ministre de la Justice estime également nécessaire d'alourdir les peines pénales : «Je souhaite qu'on modifie la loi pour créer une circonstance aggravante en cas de viols sériels, passant ainsi de vingt à trente de prison, ainsi que pour mettre fin à la prescription en matière de crimes sur mineurs.»
«Un moratoire de trois ans sur l'immigration légale»
Concernant «l'immigration légale», Gérald Darmanin propose «un moratoire de trois ans», en considérant que «nous sommes arrivés à la limite de nos capacités d'intégration et d'assimilation». Une question qui «devra être tranchée à la prochaine présidentielle», a-t-il estimé.
Le ministre insiste aussi sur le fait qu'il faudra «changer la Constitution» afin de «permettre d'établir des quotas limitatifs - et non indicatifs comme c'est le cas aujourd'hui». «Nous pourrions commencer par considérer que les titres de séjour délivrés pour le travail - ce qui est sans doute important dans certains secteurs d'activité - n'ouvrent plus droit au regroupement familial», a encore proposé le garde des Sceaux.
Une candidature à la présidentielle ?
Sur le narcotrafic, Gérald Darmanin a rejoint Édouard Philippe, qui a évoqué cette semaine la nécessité d'un état d'urgence. Il «a raison», a déclaré le ministre de la Justice, «Il veut que nos services secrets se saisissent du narcotrafic qui sape les fondements de l'État. Je suis absolument d'accord (...) Il évoque le nécessaire renforcement des peines, et je suis entièrement d'accord», a-t-il martelé.
Une potentielle candidature à l'élection présidentielle est-elle envisageable ? «J'ai choisi de rester au gouvernement pour être utile aux Français jusqu'au bout. Cependant, il va se passer beaucoup de choses d'ici à un an. Je prendrai ma décision en fonction du seul intérêt de mon pays», a répondu Gérald Darmanin.
Le ministre de la Justice s'inquiète de la «multiplication des candidatures» dans le bloc central. S'il plaide pour une candidature unique, il estime que c'est Édouard Philippe qui est «aujourd'hui le mieux placé».