En période de fortes chaleurs, les «nuits tropicales» se multiplient. Il s'agit de périodes nocturnes durant lesquelles le mercure ne descend pas sous les 20°C. Voici les conséquences qu'elles peuvent avoir.
Des nuits torrides. Alors que les températures vont régulièrement dépasser les 30 °C cette semaine, à l'occasion de la vague de chaleur intense qui frappe la métropole en cette fin du mois de mai, la France a souffert, dimanche 24 mai, de sa première «nuit tropicale» de l'année.
Selon Météo-France, une nuit tropicale est une nuit où la température ne descend pas en dessous des 20 °C. Ce phénomène, qui n'existe que dans les régions tempérées comme en Europe et en France, est par ailleurs favorisé par un taux d'humidité de l'air important.
Dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 mai, plus de 20 °C ont été observés à Quimper (Finistère), un record, mais aussi 20 °C à Bordeaux (Gironde) ou encore à Paris au petit matin, ainsi que dans tout le reste de la France. Il s'agit de la première «nuit tropicale» de la saison.
Des conséquences néfastes sur le sommeil
Ce phénomène relativement rare a notamment pour effet de rendre les nuits des personnes les plus vulnérables particulièrement éprouvantes. Selon plusieurs études, ces épisodes entraînent le raccourcissement des périodes de sommeil des habitants concernés.
Et pour cause : la chaleur emmagasinée dans l'eau est émise durant la nuit. Ainsi, les zones côtières et les pays entourés par la mer souffrent davantage de ces «nuits tropicales» par rapport aux pays désertiques, où les températures descendent nettement à la tombée de la nuit.
Le sud de la France dépend de la Méditerranée
De ce fait, le lien entre la température de l'eau et la chaleur ambiante a poussé les météorologues à s'intéresser à l'abondance de «nuits tropicales» sur le littoral du pays en particulier. Il s'avère que le sud de la France est particulièrement touché, ce qui coïncide avec le réchauffement de la Méditerranée.
Lorsque celle-ci affiche 25 °C ou plus, elle met plus de temps à se refroidir, et ne permet pas à la chaleur de redescendre aux alentours, surtout dans les zones où le vent ne souffle pas. Ces dernières années, comme la «Mare nostrum», comme l'appelait les Romains, ne cesse de gagner en chaleur - parfois plus de 30 °C -, la façade maritime sud de la Métropole est particulièrement touchée.
Selon le GIEC, le nombre de ces événements nocturnes serait de plus en plus élevé chaque année. Ils anticipent qu'à Montréal, au Canada, on passerait de 8 «nuits tropicales» en 2025 à près de 19 en 2050. Selon leur schéma le plus pessimiste, si les émissions de gaz à effet de serre ne se ralentissent pas, ce chiffre pourrait atteindre 45, d'ici à 2080.
La présence de béton, dans les milieux urbains notamment, n'aide pas à faire redescendre les niveaux de chaleurs enregistrés durant la journée. Par conséquent, en France, le XXIe siècle a été celui de la montée des «nuits tropicales», sur l'ensemble du territoire métropolitain.
