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«Plusieurs centaines de millions d'euros de chiffre d’affaires» : l'Unaf dénonce le niveau des frais bancaires pour les saisies sur compte

Les saisies engendrent des frais importants qui fragilisent encore plus les clients en difficulté financière, indique l'Unaf. [© Amnaj / ADOBE]

L'Union nationale des associations familiales (Unaf) a dénoncé ce mercredi les frais trop importants appliqués par les banques lors des saisies sur compte, estimant que cela fragilise encore plus les clients en difficulté financière.

Les banques pointées du doigt par les associations. Factures d'hôpital ou de cantine non réglées, amendes ou loyers impayés... : l'Unaf estime qu'il y a eu «plus de 20 millions d'actes de saisies sur compte de particuliers en 2025» effectués par les établissements bancaires. Ces saisies engendrent des frais trop importants qui fragilisent encore plus les clients en difficulté financière, indique l'Union dans un communiqué. 

«Le nombre de saisies émises par l'administration a été multiplié par trois entre 2019 et 2025», estime l’Unaf, qui pointe une tendance à la hausse notamment concernant le recouvrement des amendes et des condamnations pécuniaires. Or, quand un compte bancaire est saisi par le Trésor Public ou un commissaire de justice, la banque facture des frais bancaires spécifiques à son client pour le traitement de cet acte.

plusieurs centaines de millions d'euros de chiffres d’affaires

La majorité des banques facturent à leurs clients plus de 100 euros de frais pour une saisie-attribution et jusqu'à 250 euros pour certaines, selon une étude de l'Union nationale des associations familiales auprès de 101 établissements bancaires en France. Seules 25% des banques protègent les clients détenteurs de l'Offre Client Fragile (OCF), réservée aux personnes en situation de fragilité financière.

De plus, quand le solde du compte est insuffisant, quatre banques sur cinq appliquent la même tarification, que la saisie aboutisse ou non. Si l'opération est renouvelée mois après mois, une dette non remboursée peut générer «des frais supérieurs au montant de la dette». Pour l'Unaf, il est indispensable «d’encadrer plus strictement les frais bancaires» qu'entraînent les saisies pour compte pour protéger les consommateurs. 

L'Unaf préconise ainsi de «limiter les frais en cas de saisie inopérante», de «renforcer la protection des clients fragiles» et d'instaurer un «plafond annuel de frais de saisie». «Ces frais représentent chaque année plusieurs centaines de millions d'euros de chiffres d’affaires pour le secteur», selon l'Unaf. «Ce modèle ne peut pas continuer à peser sur les clients en difficulté, au risque d'aggraver encore leur situation», plaide l'Unaf.

Les banques défendent leurs coûts

La Fédération bancaire française a pour sa part expliqué que ces saisies «mobilisent des compétences humaines particulières, un système d’information adapté et exposent les établissements à un risque opérationnel élevé» dans une déclaration. 

«Une rémunération inadaptée de ces opérations alors que les coûts de traitement sont bien réels transfèrerait la charge financière des manquements des débiteurs vers d’autres clients et vers des arbitrages négatifs en termes d’investissements», ajoute la FBF.

De plus, «le travail réalisé par un établissement bancaire est bien réel quel que soit l’aboutissement de la demande pour le créancier», et engendre des coûts opérationnels «indépendamment du caractère opérant ou non de la mesure», indique la Fédération.

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