L’islamologue François Burgat a été condamné ce mercredi en appel à 5.000 euros d’amende pour «apologie du terrorisme» en lien avec des publications sur les réseaux sociaux datant de janvier 2024. La décision de la cour d’appel d’Aix-en-Provence intervient un an après une première relaxe dans cette même affaire.
C’est une décision judiciaire qui relance une affaire très suivie. Ce mercredi 28 mai, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a reconnu François Burgat coupable d’«apologie publique d’actes de terrorisme commis au moyen d’un service de communication au public en ligne».
Les faits reprochés concernent plusieurs publications diffusées sur X en janvier 2024, dans le contexte des attaques du Hamas contre Israël et du conflit en cours dans la bande de Gaza. L’islamologue avait notamment relayé un communiqué du groupe terroriste en réaction à un article du New York Times évoquant des viols et violences sexuelles lors des attaques du 7 octobre 2023.
Dans un autre message, il déclarait avoir «infiniment plus de respect et de considération» pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’Etat d’Israël.
Une peine d’amende et d’inéligibilité
La cour d’appel a condamné l’ancien directeur de recherche au CNRS à 5.000 euros d’amende ainsi qu’à une peine complémentaire d’inéligibilité de trois ans. Elle a en revanche refusé son inscription au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes.
Dans la même décision, la juridiction a confirmé la relaxe prononcée en première instance concernant une autre publication liée à l’assassinat du professeur Samuel Paty, où il était poursuivi pour apologie du terrorisme. François Burgat, qui peut encore former un pourvoi en cassation, devra également verser des dommages et intérêts à plusieurs associations parties civiles, dont la LICRA, l’Organisation juive européenne et Avocats sans frontières.
Pour la LICRA, la décision de justice est une réponse jugée nécessaire. Son avocat, Serge Tavitian, a estimé que «les mots tuent» et appelle à une prise en compte de leur portée.
L’avocat de M.Burgat, Rafik Chekkat, a également réagi sur X en déplorant qu’«il y a 10 ans, François Burgat était auditionné par l’Assemblée nationale pour son expertise sur les questions de terrorisme. Une décennie plus tard, il est condamné pour «apologie du terrorisme». Pour lui, «ce n’est pas son discours qui a changé. C’est le regard que la société porte sur lui».