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Prisons : la France totalise 88.654 détenus au 1er mai, un chiffre record en hausse de 5,9% sur un an

Le ministère de la Justice compte ouvrir 3.000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027. [Illustration BORIS HORVAT / AFP]

Les prisons françaises comptaient 88.654 détenus au 1er mai 2026, soit une hausse de 5,9% en un an dans un contexte de surpopulation carcérale chronique dans le pays, selon un rapport du ministère de la Justice relayé ce vendredi soir.

Un nouveau record a été atteint. Les prisons françaises comptaient 88.654 détenus au 1er mai 2026, dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les chiffres officiels de la Chancellerie.

Cela représente, sur un an, une augmentation de près de 5.000 détenus (+5,9%) pour quelque 750 places disponibles supplémentaires (+1,2%) dans les centres pénitentiaires français, d'après les données du ministère de la Justice publiées vendredi soir.

Une densité carcérale parmi les plus mauvaises d'Europe

La densité carcérale est particulièrement alarmante dans les maisons d'arrêt (172,6%), où sont détenues les courtes peines ou les personnes en attente de jugement et donc présumées innocentes. Le taux de suroccupation globale atteint 140% au 1er mai.

La France figure parmi les très mauvais élèves de l'Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers pourtant bien inférieures.

Fin janvier, le Conseil de l'Europe avait dénoncé l'état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d'une évolution vers un «entrepôt humain». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.

Près de 22% des établissements pénitentiaires en grève fin avril

Symptôme spectaculaire de cette crise et de cette dégradation continue, les matelas qui doivent être posés au sol des cellules faute de lits : il y en avait 7.693 au 1er mai, soit une forte hausse, +47%, en un an (5.234). Deux détenus sont incarcérés pour une seule place (taux égal ou excédant 200%) dans 33 structures. Un chiffre là encore en augmentation.

La crise est particulièrement aiguë dans les régions parisienne (163,7% de densité carcérale) et toulousaine (155,5%), ainsi qu'en outre-mer (150%). Surveillants comme directeurs de prison alertent depuis des mois sur un système pénitentiaire au bord de l'explosion.

Environ 22% des établissements ont été touchés par un mouvement de grève fin avril, selon le ministère de la Justice, quand l'Ufap-Unsa a revendiqué une centaine de prisons mobilisées.

Un projet de loi sur la surpopulation carcérale à l’étude

Un projet de loi en préparation a pour objectif de s'attaquer à la surpopulation carcérale et prévoit notamment de mettre un terme à la pratique des matelas posés au sol dans les cellules.

Aucun calendrier sur son dépôt, son examen et son adoption n'a été rendu public.

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a exprimé son hostilité à tout dispositif de régulation carcérale, dispositif qui prévoit, comme c'est le cas en Allemagne, qu'au-delà d'un certain seuil, une entrée en détention doit s'accompagner d'une sortie.

Le ministère de la Justice compte ouvrir 3.000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d'un tiers des 15.000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

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