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Soumission chimique : 5 femmes demandent la condamnation de l'Etat pour inaction face à Christian Nègre, un ex-haut fonctionnaire soupçonné d’avoir drogué 250 femmes

L’enquête pénale doit s’achever fin 2026. [THOMAS COEX / AFP]

Cinq femmes ont demandé jeudi la condamnation de l'État en l’absence de réaction du ministère de la Culture face à Christian Nègre, soupçonné d’avoir drogué 250 femmes. Elles réclament réparation devant la justice administrative.  

Un scandale glaçant et une responsabilité contestée. Cinq femmes ont saisi jeudi le tribunal administratif pour obtenir la condamnation de l’État, accusant le ministère de la Culture d’être resté passif face à Christian Nègre, ancien haut fonctionnaire aujourd’hui mis en examen. 

Elles estiment que son comportement, consistant à droguer des femmes pour les contraindre à uriner devant lui, aurait pu être stoppé plus tôt. Leurs avocates ont plaidé pour des indemnisations comprises entre 90.000 et 180.000 euros. La rapporteure publique a, elle, recommandé des montants bien inférieurs, évoquant une dizaine de milliers d’euros par victime. Elle a considéré que «le comportement détestable de M. (Christian) Nègre» relevait d’une «faute personnelle», celle d’un «homme avec ses faiblesses, ses passions, ses imprudences», écartant ainsi la responsabilité directe du ministère.

Elle a toutefois proposé d’ajouter 1.000 euros pour compenser «les difficultés» persistantes «de la vie quotidienne», telles que «le manque de confiance», et a évalué à 10.000 euros le préjudice moral lié notamment à «la panique bien réelle» ressentie. En revanche, elle a «écarté les autres préjudices», comme «l'arrêt des activités sportives» ou «le préjudice sexuel», jugés insuffisamment démontrés.

«c'est la violation de l'intimité de toutes ces femmes»

Des sommes insuffisantes, aux yeux des avocates. «Il a été question d'administration de diurétique pour contraindre à uriner et à exhiber son sexe. Ce n'est pas juste une blague, c'est la violation de l'intimité de toutes ces femmes», a fustigé Me Lisanne Chamberland-Poulin.

L’enquête pénale, qui a permis d’identifier près de 250 victimes via des fichiers retrouvés sur l’ordinateur de Christian Nègre, doit s’achever fin 2026. La défense de l’ancien fonctionnaire n’a pas souhaité s’exprimer.

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