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Soirées pyjama : comment sensibiliser votre enfant sans lui faire peur

Un véritable travail sur la notion de «secret» chez l'enfant est nécessaire afin de délimiter encore plus précisément les contours de ce qui est acceptable ou non. [© Master 1305/Adobe]

L’affaire Lyhanna, potentiellement victime d’attouchements lors d’une soirée pyjama avant d’être retrouvée morte le 4 juin dernier, relance la méfiance parentale autour de ce type de festivités. Lucie Potet, psychologue pour l’association «L’Enfant Bleu», dévoile quelques conseils pour se prémunir de ce type d’agressions.

Des astuces pratiques basées sur la communication. Le choc lié à la mort de Lyhanna, dont le corps de 11 ans a été retrouvé le 4 juin dans le Gers, a laissé place à la crainte autour de la traditionnelle soirée pyjama pour de nombreux parents.

Principal suspect dans cette affaire, le père de la meilleure amie de Lyhanna, Jérôme Barella, aurait fait des «chatouilles» à la jeune fille lors d’une soirée pyjama organisée en fin d’année dernière, selon Charly Rameau, la mère de la victime, interrogée par Ici Occitanie.

Jérôme Barella était pourtant déjà visé par plusieurs signalements et plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Un cas loin d’être isolé à en croire les chiffres de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) qui rappelle que 160.000 mineurs sont victimes de violences sexuelles chaque année.

«Créer un climat de confiance»

Lucie Potet, psychologue pour l’association de lutte contre l’enfance maltraitée «L’Enfant Bleu», donne pour CNEWS quelques clés pour se prémunir au maximum de ce type d’agressions. «Il est important d’apprendre aux enfants à nommer les parties de leur corps, tout ce qui va toucher à l'intimité, mais aussi de pouvoir valoriser tout un travail autour des émotions», détaille la spécialiste.

«Il faut rappeler aux enfants que la responsabilité incombe toujours à l'auteur des faits. Il faut qu'ils puissent savoir en amont qu'ils ne seront pas punis s'ils racontent quelque chose qui est inquiétant ou de l'ordre d'une transgression. Il faut créer un climat dans lequel l'enfant sent qu'il peut parler librement ou se confier sans qu’il n’y ait de risque de sanction ou de culpabilisation», abonde Lucie Potet.

La question du consentement devient centrale dans le domaine de la protection des mineurs face aux violences sexuelles. «Il est nécessaire d'avoir assez tôt des discussions régulières sur le consentement et la possibilité de verbaliser les émotions quand elles arrivent, du côté des enfants et des parents. Je dirais que c'est un peu la prévention transversale de tout temps à la maison», résume l’experte.

«85% des violences sexuelles adviennent dans un contexte familial ou proche»

«La menace ne doit pourtant pas être centrée sur le danger extérieur car 85% des violences sexuelles adviennent dans un contexte familial ou proche. C'est important de briefer les enfants à ce sujet», rappelle l’une des psychologues de l’association L’Enfant Bleu.

D’après les données du ministère de l’Intérieur, les auteurs de violences sexuelles sur mineurs sont des membres de la famille dans 31 % des cas.

«Pour un enfant qui n'a pas de téléphone, il doit savoir qu'il a la possibilité de se tourner à tout moment vers un des adultes qui l'accueillent pour appeler ses parents et que ces derniers vont se rendre disponibles pour venir le chercher sans aucune justification (…) Pour les enfants un peu plus grands qui ont un portable, ils doivent avoir la possibilité de l'utiliser pour envoyer un sms. Il est même possible pour les parents d’utiliser des noms de code à leurs enfants», explique Lucie Potet.

«Personne n'a le droit de demander à un enfant de garder un secret»

«Il est primordial d’évoquer avec ses enfants la notion de respect de l'intimité, en visualisant avec eux les jeux auxquels on peut jouer et auxquels on ne peut pas jouer. Pour reprendre l’affaire Lyhanna, la jeune fille reprochait au principal suspect dans son meurtre de lui avoir fait endurer lors d’une soirée pyjama un “ jeu des chatouilles qui l’avait mise mal à l'aise“», récapitule la psychologue.

Un véritable travail sur la notion de «secret» chez l'enfant est nécessaire afin de délimiter encore plus précisément les contours de ce qui est acceptable ou non. 

«Personne n'a le droit de demander à un enfant de garder un secret, notamment sur son corps. Il faut que l'enfant puisse assez tôt compartimenter les bons secrets, comme organiser une surprise, et les secrets qui peuvent porter atteinte via des techniques qui bâillonnent l’enfant», conclut Lucie Potet.

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