Le candidat à la présidentielle Edouard Philippe a dénoncé les propos tenus par le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, qui a légitimé le droit de siffler la Marseillaise.
«Une forme de constance» dans la polémique. Si deux jours sont passés, les propos de Bally Bagayoko sur la Marseillaise continuent de faire parler. Pour rappel, mardi dernier, dans un entretien accordé à nos confrères de L’Opinion, le maire LFI de Saint-Denis avait a estimé que «siffler» l’hymne français dans les stades de football pouvait être «un droit légitime».
«Siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l'international, c'est un droit à la réplique populaire. Parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d'ici mais aussi de là-bas», a-t-il précisément déclaré, en amont de la rencontre entre la France et le Sénégal, dans le cadre de la Coupe du monde de football.
Une sortie déplorée ce jeudi par Edouard Philippe. A l’issue d’un déplacement à Colombey-les-Deux-Eglises, village où est enterré le général De Gaulle, le patron d’Horizons, candidat à la présidentielle, a chargé l’édile. «Le maire de Saint-Denis a fait de la provocation anti-républicaine une forme de spécialité», a-t-il regretté.
Ce jeudi, le maire de Saint-Denis s'est toutefois défendu de toute «incitation» à siffler la Marseillaise.
🔍 Expliquer n’est pas approuver ! Stop à l’instrumentalisation. !
Une fois de plus, certains responsables politiques et médias choisissent la polémique plutôt que le débat de fond. Expliquer un phénomène n’a jamais signifié l’encourager. Chercher à comprendre pourquoi, dans… pic.twitter.com/fknTbdaNRA— Bally Bagayoko (@BallyBagayoko) June 18, 2026
Une infraction punie par le code pénal
En France, le fait de siffler ou huer l’hymne national peut être sanctionné dans certaines circonstances. En effet, la question juridique porte essentiellement sur la notion d’«outrage» et l’article 433-5-1 du Code pénal dispose que «le fait, au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7.500 euros d'amende».
Il est à noter que c’est à Saint-Denis que la Marseillaise avait été copieusement sifflée pendant une rencontre ayant opposé la France à l’Algérie le 6 octobre 2001, en présence du Premier ministre de l’époque Lionel Jospin et de plusieurs membres du gouvernement.
Quatre mois après cet incident, soit en février 2002, des sénateurs avaient déposé une proposition de loi visant à punir «les paroles, gestes, écrits ou images de nature à porter volontairement atteinte au respect dû aux symboles de la République que sont le drapeau et l'hymne national» de 8.000 euros d'amende.
Il faudra attendre mars 2003 pour que le délit d'outrage au drapeau ou à l'hymne national soit créé par le ministre de l'Intérieur de l'époque Nicolas Sarkozy.