Interrogé sur le meurtre de Lyhanna, 11 ans, Emmanuel Macron est revenu ce jeudi plus largement sur la politique en matière de lutte contre les violences sexuelles. «Nous avons libéré la parole», a déclaré le chef de l’État.
Un retour sur son bilan. Emmanuel Macron a affirmé jeudi qu'il y avait un «continent caché» de violences sexuelles, y compris sur des enfants, comme dans l'affaire de la jeune Lyhanna, et qu'«on a libéré la parole» à ce sujet. «Il faut mesurer qu'on demande à nos forces de plus en plus, et qu'il y avait un continent caché. On a libéré la parole», a déclaré le président de la République sur France 2.
Celui-ci était interrogé sur la mort de Lyhanna, 11 ans, qui a soulevé une immense émotion dans le pays, en raison notamment du profil du suspect, jamais poursuivi alors qu'il a été visé par plusieurs plaintes pour agressions et viols sur mineurs.
«On ne doit jamais s'habituer, on doit toujours s'indigner. Mais cette indignation ne doit pas signifier l'impuissance et elle ne doit pas signifier la vindicte» des policiers, des gendarmes ou des magistrats, a ajouté le chef de l'Etat.
LYHANNA - "Cette indignation ne doit pas signifier l'impuissance et elle ne doit pas signifier la vindicte. Il faut qu'elle se traduise par des gestes utiles." pic.twitter.com/xCMxQymipV
— L'Événement (@LevenementFTV) June 18, 2026
«On a fait beaucoup»
Désireux de garder de son échange avec la famille de Lyhanna mercredi sa «dignité» et «son humanité», Emmanuel Macron a affirmé que la protection des enfants était «une cause» qu'il portait «depuis des années, sur laquelle on a fait beaucoup de choses». Mais il faut «qu'on continue inlassablement de rendre nos procédures plus efficaces» et «respecter» les «priorités qu'on a définies», «qu'on corrige et ensuite qu'on tire les conséquences», a-t-il développé.
Sans pour autant «commencer à désigner tel ou tel coupable» ou «préempter» le contenu des rapports des inspections générales de la gendarmerie et de la justice sur cette affaire, marquée par des dysfonctionnements notamment judiciaires, qui doivent être remis à l'exécutif lundi.
Une loi bientôt devant le Parlement
En première ligne dans cette affaire, très prolixe à se défendre, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a prévenu lundi que «lorsque des fautes professionnelles sont établies, par les rapports d'inspection ou les enquêtes administratives, personne ne comprendrait qu'elles ne soient pas sanctionnées».
Le ministre s'était attiré les foudres de nombre de magistrats pour avoir pointé des dysfonctionnements individuels dès les premières heures de l'affaire, sans attendre les conclusions des enquêtes.
Ce mardi à l’Assemblée nationale, la ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé a assuré que la «loi intégrale» visant à lutter contre les violences sexuelles sera présentée au plus vite devant le Parlement.